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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 14:40

Nous voilà  tous rentrés chez nous, nous avons eu le temps de nous remettre de ce périple. Ce voyage aura été une expérience inoubliable pour chacun de nous; nous en tirons une belle leçon de savoir-vivre, et nous garderons pendant longtemps le souvenir de l'accueil que nous ont réservé les personnes que nous avons rencontrées.
Nous avons rêvé, et nous ce rêve est devenu réalité. Peut-être cet exemple vous permettra-t-il de réaliser les votres?
Merci à vous tous qui nous avez suivi, encouragé, conseillé. Sans vous le voyage n'aurait pas été pareil; nous avions grand plaisir à lire vos commentaires, vos mails, et à suivre la fréquentation du blog (c'est encourageant!). Nous espérons vous voir bientôt, afin de vous raconter nos aventures de vive voix.
A bientôt, et en attendant passez de joyeuses fêtes de fin d 'année
Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 21:43

Date : Dimanche 6 Décembre
Départ/Arrivée :  Astakos - Patra
Distance parcourue : 106 kilomètres

Après un réveil digne de vacances estivales (baignade dans la mer ionienne et déjeuner particulièrement copieux), nous partons pour Patra sous un soleil splendide (enfin). C’est la ville où nous prendrons le bateau pour Venise pour quitter définitivement la Grèce. Nous ne connaissons pas les horaires du bateau, il nous faut donc arriver au plus tôt. Nous roulons ainsi pendant plus  de cinq heures interrompues par une courte pause. Finalement, tout se passe pour le mieux et nous arrivons en milieu d’après-midi. Un fait quelque peu marquant qui témoigne de l’évolution de notre voyage : Jean-baptiste crève, ce qui nécessite du temps pour réparer. Pendant ce temps, nous nous allongeons et nous nous endormons au soleil, sur un parking.


Gwenn
 

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Le pont qui mène à Patra, au nord du Péloponèse

Date : Lundi 7 décembre

Distance : environ 1000 km…
Départ/Arrivée : Patra (Grèce) – Venise (Italie)

« Journée Bateau » :

 Après avoir passé une nuit sur la moquette du pont de l’Anek Lines, bercés par le bruit des moteurs, nous sommes réveillés matinalement par la douce voie des haut-parleurs répétant successivement en grec, en anglais, en allemand, en italien puis en français les différentes mesures de sécurité à prendre en cas de scenario « Titanic ». Après une série d’étirements à la Tintin, nous organisons une opération « lave-linge ». Les toilettes du pont D se transforment rapidement en une grande laverie et le pont supérieur du paquebot en sèche-linge. Nous passons une journée plus « plate » que « tonique » entre le national geographic, le livre de poète de Jo et le jeu du démineur sur l’ordinateur de JB.

Sylvain.


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le bateau, on s'occupe comme on peut...

Date : Mardi 8 Décembre

Départ/Arrivée : Venise (Italie)- Turin (en train)
Distance parcourue : 16 km en vélo, 437 Km en train

Nulle part à notre place


La ville de Venise est magnifique, mais pas adaptée au cyclotourisme. Nous nous sentons quelque peu gênants, les vélos sont interdits dans tout le centre. Les ponts, nombreux puisque la ville est sur l’eau, ont plus de marches les uns que les autres. Les touristes et les locaux nous regardent de travers (4 gars en short sous la pluie et avec  des vélos, dans une ville chère, chic et pour les amoureux, ça ne passe pas inaperçu). Je suis content de prendre le train… Mais les aventures ne sont pas finies. Nous arrivons à Turin à minuit passé, et n’avons comme d’habitude nulle part où dormir. La porte de la gare parait fermée, nous n’en cherchons pas une autre, nous sortons les sacs de couchage et nous allongeons dans un couloir de la gare, qui parait déserte. Nous sommes rejoints par 2 nigérians qui ont un train à 4h30 le lendemain ; nous leur prêtons un duvet, un matelas, et nous nous serrons entre 2 piliers. Mais 30min à peine plus tard, la police nous réveille, et nous invite à quitter la gare. Probablement pris de pitié, ils reviennent et nous proposent de dormir sur le quai, à l’air libre. Nous préférons sortir et planter la tente. Mais Turin est une grande ville, et nous devons rouler plusieurs km avant de dénicher un petit coin d’herbe entre les immeubles. Nous nous couchons à plus de 3h du matin, et nous découvrirons le lendemain que notre aire de camping ressemble en fait plus à un parc à chien… à vous d’imaginer la suite…


Joannes


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 Je vous déconseille Venise à vélo...

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... Malgré la beauté de la ville

Date : Mercredi 9 Décembre

Départ/Arrivée : Turin -
Distance parcourue : 20 km

Un nouveau lieu de sommeil


Après, le camping dans les jardins, le camping sauvage, les squattes d’immeubles et de maisons…. Ce soir, nous dormons dans une usine.

Comme bien souvent, dans le bar où nous stoppons notre périple journalier, nous faisons des rencontres qui nous amènent à trouver un lieu pour dormir. Aujourd’hui, c’est un Italien, qui, il y a quelques années a également effectué un voyage à vélo avec un ami, vers la France. Il s’est souvenu, que pendant ce voyage des personnes leurs avaient proposés une solution pour dormir. Pour le coup, il nous invite à dormir dans le réfectoire chauffé de son usine, juste à coté de notre bar. Encore une rencontre simple et enrichissante par le biais du vélo, vecteur d’échange.

Jean-Baptiste


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Enrico (à gauche), devant son usine. Il revit un peu son voyage à vélo

Date : 10/12/09
Distance parcourue : 90 kilomètres
Départ-arrivée : Turin-Albenga

Au bout des rêves


Pour achever ce journal de bord, je souhaite consacrer cet article aux rêves, aux idéaux que chacun d’entre nous a au fond de son cœur. Même si certains peuvent paraître difficiles à réaliser, je pense qu’il est nécessaire de les évoquer et de les partager avec ses amis et sa famille. Le rêve permet de donner un sens à sa vie et de conserver une ligne directrice. Tout le monde a le droit de rêver, quelque soit la situation présente qu’il connait. En effet, s’il maintient en lui une espérance, peut être qu’un jour il rencontrera l’opportunité qui lui permettra de se révéler : la roue de la chance tourne telle une horloge. Et même si cette opportunité ne se présente pas, il doit en parler pour que sa descendance puisse en avoir conscience et peut être, réaliser l’impossible. En conclusion, ne mettez pas de limites à vos projets tout en sachant garder les deux pieds sur terre (un décollage trop rapide peut conduire au krach).


Gwenn


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Plus de 2 mois sans maison...

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Les serres sur la méditérrannée, nord de l'Italie

Date : Vendredi 11 décembre
Distance : 130 km
Départ/Arrivée : Albenga – Sophia Antipolis

Quelques chiffres :

La boucle est bouclée. Nous passons la frontière française au niveau de Vintimille, en Italie. Nous sommes reçus comme des princes par un soleil magnifique, si cher à la Côte d’Azur. Il se couchera sur le rocher de Monaco où nous ferons une halte pour y observer une forêt de grues et d’immeubles en construction. La nuit tombe malheureusement rapidement lorsque nous arrivons à Nice. Nous décidons donc de prendre le train pour Antibes où nous sommes escortés par Gérardo jusqu’à Sophia Antipolis.

Nous nous regardons quelques instants, remplis de joie et de satisfaction. Nous avons encore du mal à réaliser que notre voyage prend fin et à prendre conscience de la portée de notre projet :

4716 km à vélo

Environ 2300 km en train et bateau

Tentes montées et pliées plus de 300 fois

30 kg de pâtes et 60 sachets de soupe déshydratée

450 pains et 150 tablettes de chocolats

18 frontières franchies

Une centaine d’heures sur internet pour le blog

Quelques dizaines de fou-rires …

 

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La boucle est bouclée... nous arrivons en France

12/12/09
Antibes
Distance parcourue : 0 km

C’est terminé pour tous

Nous avions fait les plans suivants : Gwenn et JB devaient prendre un train pour rentrer dès Dimanche, et Sylvain et moi avions prévu de faire un peu plus de vélo. Mais après consultation de la météo pour la semaine à venir, nous revoyons le planning. Le froid et la pluie annoncés, nous décident à prendre le train aussi. C’est ainsi que le voyage touche à sa fin. « Ensemble nous avons commencé, ensemble nous terminerons ». Déjà un peu nostalgique, je me remémore les bons moments, les plus difficiles. J’essaie de prendre un premier recul sur notre voyage. En tout cas, cette aventure n’est qu’un avant-goût d’une vie constructive. Elle est source d’idées, de nouveaux projets et de motivation pour avancer.


Joannès

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Accueillis comme des rois chez Elisabeth et Gerardo

Date : Dimanche 13 décembre
Départ/Arrivée : Antibes - Nos Chaumières
Distance parcourue : 25km

Dernier jour du voyage

Le jour de la séparation se dessine progressivement. Nous allons chacun d’entre nous, respectivement rentrer dans nos chaumières. Nous prenons la dernière photo, avec la famille de la seconde tante de Sylvain. Celle-ci nous a accueillis les bras ouverts pendant ces deux derniers jours. Nous voilà requinqués pour l’ultime étape de notre voyage.

Tous ensemble, nous chevauchons pour la dernière fois nos montures d’alu et de coton. Quand, sur le trajet pour rejoindre la gare d’Antibes, nous sommes dépassés par des cyclistes. Comme pour un dernier baroude d’honneur, Gwenn se lance à la poursuite de ceux-ci, le vélo en valseuse, il les rejoint à quelques coups de pédale de la gare d’Antibes, notre objectif du jour.

Surprise, les trains menant à Marseille de Antibes circulent difficilement, un caténaire est endommagé, et à cela se rajoutent les traditionnelles grèves de Noël. En attendant que notre train arrive, nous prenons le temps d’aller déjeuner. Notre vaillante popote va rendre son dernier service. Elle nous gratifie d’ailleurs, à l’ouverture de son couvercle, d’un relent exceptionnel de fromage, datant de quelques jours. Hé oui, ça peut arriver qu’elle ne soit pas toujours forcement très propre. Faut dire que son nettoyage est très écologique, pas d’éponge, pas de savon, que de l’eau.

L’heure de la séparation approche, nous atteignons la gare de Marseille. Joannes et Gwenn descendent du train pour prendre leurs correspondances respectives, tandis que Sylvain et moi-même poursuivons dans ce train jusqu'à Lyon. Des adieux que vous pourrez imaginer déchirants, au travers des vitres du TGV qui s’en va doucement.

Le voyage est maintenant terminé ! Mais de nouvelles aventures ne font que commencer.


Jean-Baptiste

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 19:55

Date : 02/12/09

Distance parcourue : 52 kilomètres

Départ / Arrivée : Konispol – Igoumenitsa


La perte de vitesse

La Grèce, enfin ! Après avoir parcouru plus de 4000 kilomètres, nous avons atteint notre objectif ultime. Nous en avions rêvé et aujourd’hui nous l’avons fait. Et pourtant, pourtant, nous voilà en pleine perte de vitesse. Cela peut vous paraître étonnant. Et bien oui, le moral au sein du groupe n’est pas des meilleurs. Je l’explique pour plusieurs raisons. Je suis tout d’abord malade, ainsi ma journée de vélo a été catastrophique. De plus, pour des problèmes organisationnels nous n’avons plus aucun contact, plus personne nous attend en Grèce. Or la ligne directrice de notre projet était fondée sur nos rencontres. Enfin, après avoir combattu le vent albanais pendant plus de deux jours, nous sommes accueillis en Grèce par des pluies fines et régulières. J’ai l’impression d’être en Bretagne.

Pour ma part, ce voyage est en train de prendre un réel tournant. Je me retire peu à peu de ce projet fabuleux en songeant à ma future vie : la cigale, quelque peu insouciante qui construit son bien être à partir de la générosité des gens va se métamorphoser en une fourmi organisée et courageuse. En espérant qu’elle sera capable de conserver la spontanéité qu’elle aura acquise au cours de ce voyage ainsi que les innombrables souvenirs de ce tour d’Europe en bicyclettes.          

Gwenn


 

Mer ioniène, côte grecque.

Date : 03/12/09

Distance : 26 km

Départ/Arrivée : Igoumenitsa – Karteri


Les frontières :

J’aborderai dans cet article le passage des frontières qui nous ont le plus interpellés, étonnés, marqués, surpris et motivés pendant notre voyage. Il faut voir chaque frontière comme le commencement d’un nouveau chapitre d’un livre que nous écrivons quotidiennement. Chacune réserve son lot de surprises, de rencontres et d’échanges, mais certaines ont laissé des témoignages particuliers dans notre récit.

C’est notamment le cas de la Suisse, 1ère frontière, 1er chapitre, nous avions pris notre plume et plus question de s’arrêter ou de faire demi-tour. La frontière bosniaque, grise, accidentée, pauvre, mystérieuse, nous roulions dans un nuage d’incertitudes et découvrions une nouvelle facette de l’Europe. La douane albanaise, ses chèvres, ses nids de poule et ses grosses voitures, le spectacle était tel que nous pensions écrire une comédie grotesque sans queue ni tête. Enfin, la frontière grecque, un ouf de soulagement, quelques cris de joie sous une pluie fine, 4000 km dans les jambes, nous avions enfin rejoint ce point qui nous paraissait si loin et que si peu nous pensaient capables d’atteindre avant de lire ces quelques lignes.
 

Sylvain.



Frontière hellénique (grecque).

Date : 04/12/09

Distance parcourue : 97 Km

Départ – Arrivée : Karteri – Lefkada


Faits divers…

Ce matin, nous retournons dans le bar où nous étions hier soir. Le patron nous fait subtilement comprendre que nous avons bouché les toilettes. En Grèce, il ne faut pas jeter le papier dans la cuvette, mais dans la poubelle à côté.

En début d’après-midi, nous devions franchir un tunnel de 2 Km, qui passe sous un bras de mer. Cela nous évite un détour d’environ 150 Km. Bien évidemment, comme cela avait été le cas au Monténégro, il est interdit aux vélos… Par chance, nous avons rencontré une jeune femme peu avant la traversée, qui a téléphoné à la sécurité du tunnel. Des problèmes de communication (hé oui, nous ne parlons pas grec) font que nous ne savons pas trop à quoi s’attendre, mais il parait possible de traverser. Lorsque nous arrivons à l’entrée du tunnel, une voiture bloque la circulation pour nous laisser passer ! (après 4000 Km, nous n’avions encore jamais vu).

En fin d’après-midi, nous rencontrons George, un marseillais à la retraite qui voyage en bateau depuis 5 ans. Après une vie d’artiste (guitariste flamenco), il a construit son projet avec sa femme et sa fillette de 6ans, Violette. Nous passons un moment dans la cabine du voilier. Une rencontre inoubliable, avec une cigale bien dans sa peau (cf Lafontaine, « La cigale et la fourmi »).

Ce soir, à l’Isara, c’est la remise des diplômes. Pour nous, la fête est différente : nous nous sommes réfugiés dans un vieux bar désaffecté sur la plage, car il pleut. Nous dormirons là.


Joannes


 

Il ne manque que le soleil...

Date : 05/12/09

Distance parcourue : 81 Km

Départ – Arrivée : Lefkada - Astakos


Un petit moment de détente

Encore un jour où les dieux de l’Olympe ne sont pas avec nous. Le matin, peu de temps après notre départ du camp, nous nous arrêtons dans un petit café devant lequel des citronniers, mandariniers sont présents.  A l’intérieur, c’est un mobilier traditionnel grec, fait de tables basses et de bancs avec des coussins bien moelleux. Contre un mur une cheminée, dans laquelle crépitent des petites buches. Pour nous mettre encore plus à l’aise, la propriétaire vient nous apporter 4 belles oranges. Dans une sensation de bien être et de confort autour du feu, nous commençons à plaisanter, à se mettre dans l’autodérision. C’est un agréable moment comme il y en a eu régulièrement. La pluie risque d’arriver dans peu de temps, si nous ne partons pas tout de suite, il va être difficile de repartir. Nous risquerions de nous laisser tenter par une partie de billard au coin du feu.


Jean-Baptiste


Pont de Patra.
Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 10:34

Date : 28/11

Nombre de kilomètres parcourus : 40 km

Départ/Arrivée : Tirana - Durres

L'Alabanie, riche en émotions

Cet article sera consacré encore une fois à l’Albanie qui est un pays décidément étonnant. Nous rencontrons des personnes aux histoires incroyables. Un jeune homme avec qui vous passez une très agréable soirée, vous explique qu’il a effectué un séjour en prison pour s’être impliqué dans un trafic de drogue.  L’Albanie, c’est le dépaysement assuré : tout au long des routes, les champs sont truffés de bunkers.  Un ancien dictateur communiste avait pour objectif de  protéger son pays contre le capitalisme. Tirana n’a pas de centre historique et les gens célèbrent de nombreuses fêtes religieuses sans en connaître les origines. Ceci résulte encore une fois de l’ancien régime communiste qui interdisait toute pratique religieuse et  qui a totalement détruit l’ancienne ville pour que le peuple oublie son passé. L’Albanie c’est aussi des contrastes démesurés : le nombre de voitures de luxes est infini. A ceci s’oppose les bergers gardant 5 dindes ou les charrettes circulant sur les autoroutes. Si vous souhaitez manger de la viande dans certains restaurants, pensez à passer avant chez le boucher : le restaurateur ne possède pas de viande, sa fonction est simplement de la cuire. Enfin  lorsque vous allez dans un bar en soirée, munissez-vous d’une lampe de poche. Deux centrales électriques alimentent le pays. Le réseau électrique est en conséquence saturé, ce qui provoque de nombreuses coupures. En clair, si vous souhaitez ouvrir votre esprit, que vous avez certaines difficultés à vous étonner, passez un séjour en Albanie… Sensations garanties.

Gwenn



Un bus parisien dans le centre de Tirana


Cette carte nous a suivi pendant plus de 6 semaines

Date : 29/11

Distance : 120 km

Départ/Arrivée : Durres/Vlore

L’autoroute albanaise :

Le réseau routier albanais est encore très archaïque, désorganisé, non entretenu et peu développé. Aujourd’hui, faute d’autres voies de communication, nous sommes contraints de prendre l’autoroute pour rejoindre Vlore dans le Sud. Après quelques instants d’hésitations, nous voyons une charrette, tirée par un cheval auquel il ne reste que les os sur la peau, s’engager sur le highway. Etonnés et un peu perplexes, nous décidons d’en faire autant. Par chance, la circulation est relativement faible. L’autoroute albanaise est très représentative du pays : du grand n’importe quoi où tout le monde cohabite. Il s’agit davantage d’un axe à double « non » sens. Nous croisons successivement des carrioles, un bus et un vélo rouler à contre sens, un tracteur tirer une caravane, une vieille promener ses dindes, et, la cerise sur le gâteau, un peloton de cyclistes réalisant le tour d’Albanie ! Nous roulons pendant plus de 70 km les yeux fixés sur la route pour éviter les nids de poule, respirant la poussière et les gaz des pots d’échappement.

Arrivés à Vlore, nous rejoignons la côte et assistons à un couché de soleil sur la mer adriatique, reposant après une journée intense et difficile. 

Sylvain.


Le slalom entre les vaches


Couché de soleil sur l'adriatique

Date : 30 Novembre 2009

Distance parcourue : 62Km

Départ – Arrivée : Vlore – Himare

Un moral d’acier (2)

On nous avait pourtant prévenus. Depuis notre arrivée dans le Nord des Balkans, lorsque nous racontons notre itinéraire, nos interlocuteurs ont beaucoup à dire : la Bosnie, oh lala c’est dangereux et il fait froid ! L’Albanie, la mafia est partout, méfiez-vous ! La côte adriatique, le vent vous fera reculer ! Nous n’y croyions plus. Mais aujourd’hui, nous en avons fait les frais. Nous avons du gravir une montagne (1027m de dénivelé) avec des rafales de vent dignes d’une tempête. Nous étions déportés d’un côté à l’autre de la route, et à maintes reprises nous avons du poser le pied pour ne pas finir dans le fossé. Sylvain a même tenté de pousser son vélo, et s’est rendu compte qu’il perdait que quelques kilomètres par heure. En nous encourageant les uns les autres, nous avons tant bien que mal réussi à pédaler toute la durée du jour. Mais nous dormons ce soir à plus de 60 km de l’objectif que nous nous étions fixé hier soir… Peut-être demain le vent se sera-t-il calmé ? En tout cas, il ne suffit pas à nous décourager !

Joannes



Paysage magnifique mais peu hospitalié par ses rafales de vents


Cote sud de l'Alabanie

Date : 1 Décembre 2009

Distance parcourue : 84Km

Départ – Arrivée : Himare - Konispol

Une nuit intrigante de sécurité !!

Pour notre dernière nuit en Albanie, nous entrons dans un hameau à une vingtaine de kilomètre de la frontière Grecque. Aucune maison n’est éclairée, l’endroit semble abandonné à première vue. Puis, subitement toutes les maisons disposent de lumière, rien d’inquiétant, ce ne sont que des coupures intempestives d’électricité, fréquentes en Albanie, dues à une surcharge de consommation électrique sur le réseau. Il n’est pas dimensionné au réel besoin du pays. Au travers des maisons que nous visitons pour camper sur un bout de terrain, nous ressentons de l’inhospitalité.

Au loin, des éclairs éclairent l’horizon, c’est à ce moment là que nous nous installons dans un tout petit bar, dans lequel nous dinerons, et autour duquel nous devions en principe dormir. Mais le terrain couvert de capsules de bière, de bouts de verre, nous nous apercevons trop tard que nous ne pourrons y planter la tente. L’orage distingué au loin est juste entrain de passer au dessus de notre tête. Le bar est en train de fermer, nous devons sortir, dehors une pluie torrentielle s’abat sur nous, nous sommes trempés en une fraction de seconde, avec aucun endroit pour dormir.

Rapidement, nous repérons une maison en construction et en partie abandonnée, à 2 pas du bar. Nous courrons avec nos vélos, nous y mettre à l’abri. Il faut pour cela porter les vélos avec leurs sacoches pour escalader le palier d’une demi-taille d’homme.

Le sol est recouvert de gravas, parsemé de bouts de verre. Trempés et dans un ultime effort nous parvenons à nettoyer une surface pour y déposer les tentes sans leurs toiles du dessus. Nous sommes au sec et allons pouvoir nous coucher, quand, un gros véhicule 4X4 s’arrête devant la maison. On peut nous voir de la rue. Dans cette voiture, il semblerait y avoir 2 hommes, distingués au travers de leur vitre. Personne n’en sort, on sent qu’ils nous observent malgré la buée maintenant présente dans leur véhicule.

Qui sont-ils ? L’armée ?! Ils seraient venus nous voir ! Des bandits ?! Ils attendent peut être que nous dormions, pour dérober nos affaires !!

Intrigués, et après mure réflexion, équipés de nos k-way nous sortons frapper à leur porte. Dans un premier temps nous sommes surpris, nous n’y apercevons personne. Ils se cachent ? Puis, une tête et encore une autre se dressent au travers des carreaux. L’un d’entre eux sort, il est vêtu d’un uniforme et il semblerait que nous venons de le réveiller !! Nous retournons ensemble au sec dans la maison, il pleut toujours des cordes, les éclairs éclairant toutes la vallée sont au dessus de nos têtes, le tonnerre est immédiat et puissant. L’officier nous montre sa casquette, son ceinturons pour nous convaincre qu’il est policier, mais nous l’avions déjà saisi. Le pauvre, un peu dans le coltard, les cheveux ébouriffés nous fait penser à « Pinot simple flic » : un film français dont l’acteur est Gérard Jugnot, un flic plein de bonne volonté mais pas très perspicace. Enfin bref, tant bien que mal notre flic essai de nous convaincre de partir pour la prochaine ville, dans laquelle nous trouverons un hôtel.

De notre coté, faisant mine de ne pas comprendre, nous lui indiquons que nous partirons le lendemain entre 7 et 8h00 du matin. Il s’en va et retourne dans son véhicule.

Nous finissons par nous coucher et craignons qu’il revienne dans la nuit, afin de nous déloger.

Au final, ils seront restés toute la nuit devant notre maison. Nous comprenons maintenant avec évidence, qu’ils sont restés pour nous protéger.

Jean-Baptiste

 
Village albanais

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 12:07

Date : 24/11

Distance parcourue : 40 Km

Départ/Arrivée : Virpazar / Podgorica


Cet article n’est pas pour rassurer !

Il est 16h30 nous stoppons notre route, à une vingtaine de kilomètres de la frontière Albanaise. Nous sommes dans un petit village, construit autour de la mosquée, nous nous installons dans l’unique bar.

17h00, on entend l’imam pour la prière du soir, à cet effet le minaret laisse échapper de la lumière en son sommet à travers de petites fentes, telles des étoiles dans la nuit tombante.

Dans ce bar, les gens sont très accueillants, on communique comme on peut, et finissons par comprendre, qu’un français s’est un installé dans le village. Ils l’appellent pour nous, et  nous rejoindra dans une petite heure. Dans le village, son surnom est « le français ». Celui-ci nous rejoint, il nous explique qu’il s’est installe il y a 6 mois, il y construit sa maison et travaille à son compte dans la revente de véhicules français issus de la location, et cela au Monténégro ainsi qu’en Serbie.

Nous lui racontons notre projet et venons au fait que le lendemain nous pénétrons en Albanie, le questionnons sur ce pays pour s’en faire une idée.

Son discours peut nous paraitre inquiétant, car il emploie des mots comme « cowboy, Far West, mafia… », et que plus jamais il n’y remettra les pieds. Il le justifie par une mauvaise expérience personnelle au sein de ce territoire. En effet, il a été stoppé sur la route en direction d’un restaurant en Albanie, d’une très bonne réputation gastronomique, son argent et quelques affaires lui ont  été  subtilisées.

Bien entendu, son discours n’est pas pour nous rassurer, on se met à se poser des questions. De plus, étant depuis un petit moment dans ce bar, cela n’arrange pas les choses. Des questions nous viennent à l’esprit, comment ferons-nous si on se fait prendre notre argent ? Nos passeports ? Nos affaires ?

C’est un pays sur lequel on pose de temps en temps des questions depuis le début de notre voyage. Car nous en connaissons que très peu de chose, les gens avec qui nous avons pu en discuter sont très méfiants à son égard.

Dans tous les cas, nous sommes tous décidés à le traverser, bien sur en y faisant attention comme dans tous les pays que nous traversons depuis le début. Mais à l’issue de ce parcours nous espérons bien en faire ressortir une très bonne impression.


Jean-Baptiste


 

Presque en haut de la cote...

Date : 24/11

Distance parcourue : 50 Km

Départ/Arrivée : Podgorica (Montenegro)/Shkoder (Albanie)


Comment construire sa propre opinion ?

L’Albanie, le pays le plus pauvre d’Europe véhicule une très mauvaise image. Depuis notre départ, nous avons eu certains témoignages qui nous ont quelque peu interpellés (mafia, bandits de grand chemin, police corrompue…). Mais j’estimais que certaines personnes avaient tendance à exagérer et que je ne devais pas y prêter d’importance. Mais le temps passe très vite et nous voilà le 24 novembre à la frontière de l’Albanie.  A cet instant, je deviens moins confiant et je me remémore l’ensemble des témoignages que nous avons pu recueillir au sujet de ce pays. Après une longue discussion, nous décidons de franchir ce pays en mettant en place le plan  « carapace » : nous cachons où nous pouvons nos papiers sur nous et nous nous munissons de quelques billets afin de satisfaire les éventuels bandits qui souhaiteraient nous braquer.  Dès la frontière franchie, les routes deviennent catastrophiques. Une atmosphère peu agréable y règne : toutes les stations services que nous apercevons sont abandonnées, des tas d’ordures jonchent les routes et des odeurs parfois pestilentielles les accompagnent. C’est seulement après avoir atteint la première ville que j’ai pu réaliser que ce pays n’était pas si désagréable. Dès les premiers contacts avec les gens, je m’aperçois qu’ils sont particulièrement chaleureux et intéressés par notre présence. Les échanges sont très aisés. Nous mangeons dans un petit restaurant convivial (pour consommer sa viande, il est nécessaire d’aller chez le boucher, le restaurateur vous la cuira) : le patron passe plus d’une demi-heure à discuter avec nous.  Ainsi je peux dire que ce pays ne mérite surement pas l’image qu’on lui attribue et doit être connu par le plus grand nombre de touristes. Toutefois, je pense qu’il est nécessaire de rester prudent car il est certain que dans un pays si pauvre, le vol peut être un moyen de subsistance.

Gwenn

 

Joviali et sa famille nous ont accueillis le premier soir

Date : 25/11

Distance : 99 km

Départ/Arrivée : Shkoder/Tirana


Welcome to Tirana :

A notre arrivée dans Tirana, nous sommes aspirés, comme par un tourbillon, dans la densité du trafic et des voitures qui s’engouffrent dans une jungle urbaine. En slalomant avec difficulté entre les véhicules, nous observons avec curiosité et étonnement les ateliers de découpe de viande en plein air qui longent la route, les bouis-bouis (petits commerces) dont les écriteaux sont peints de toutes les couleurs, les gens jouer aux paris sportifs dans les cafés ou encore des enfants laver les pare-brises des voitures aux feux rouges. Certaines rues sont entourées d’un nuage de pollution où dominent de nouveaux immeubles en construction. La ville est en pleine extension ; les maisons poussent comme des champignons dans une forêt de bitume où les plans d’urbanismes sont restés dans les tiroirs.

Il fait nuit. Nous recherchons un jardin pour planter la tente depuis presqu’une heure maintenant, en vain. Nous frappons à une nouvelle porte, c’est un gamin de 13 ans qui nous ouvre. Matia parle très bien anglais et prend la responsabilité de nous inviter chez lui. Stupéfaits, nous plantons, avec joie, la tente dans son jardin. Matia, intrigué par notre aventure, passe une bonne partie de la soirée avec nous et nous aide tant qu’il peut en nous offrant des mandarines et une bombonne de gaz pour faire cuire nos pâtes. C’est au milieu d’une ville chaotique que nous rencontrons un petit bonhomme doué d’un sens incroyable de l’hospitalité et du savoir-vivre.

Sylvain.                

 
Centre-ville de Tirana... c'est le bazard

Date : 26/11

Distance : 0 km

Départ/Arrivée : Tirana


L’Albanie, dépaysement total.

Nous avons connu la Suisse, droite et organisée ; l’Autriche, soignée et froide (les températures je veux dire) ; la Slovénie, accueillante et montagnarde ; la Croatie, belle et estivale ; la Bosnie, meurtrie et chaleureuse ; le Monténégro, petit mais pentu. Mais l’Albanie, je ne sais comment la qualifier. Imaginez une charrette coincée entre deux énormes Mercedes, l’ensemble fonçant sur une route couverte de nids de poule. La caravane soulève une poussière digne d’une tempête de sable. Sur le côté de la route, trois pintades attachées par les pattes attendent patiemment un acheteur. De l’autre côté, une vache est égorgée sur le trottoir. Un peu plus loin, un groupe d’hommes est assis à la table d’un café, regardant des matchs de foot à la télé en pariant sur les résultats (« métier » le plus courant du pays parait-il). On se sent complètement dépaysé, et pourtant c’est à côté de chez nous (la preuve, on y est allés à vélo !)

Joannes

 
Presque en haut de la cote...Matia, le p'tit bonhomme chez qui nous avons passe 2 jours


Date : 27/11

Distance parcourue : 28 Km

Départ/Arrivée : Tirana/ Marikaj


3 jours que nous y sommes.

Dans mon article précédent, j’évoquais notre futur entrée en Albanie. Cela fait maintenant 3 jours que nous y sommes, faits de rencontres quotidiennes toujours aussi étonnantes.

Bien évidemment, le pays a de grandes difficultés économiques, mais lorsque nous demandons à des maisons de nous accueillir, celles-ci acceptent bien souvent et nous donnent toujours beaucoup plus que ce que nous demandons. Comme avec cette famille que nous quittions ce matin, nous avons été accueillis comme des princes. Pendant que le père de famille tente de réparer l’éclairage sur 3 de nos vélos à dynamo, nous tentons de rendre la même chose en réglant les freins du vélo de son fils. Ce ne sera que poussière par rapport à ce qu’ils nous ont apporté. Mais, ce qui était intéressant de voir, c’était la fierté du père envers son fils de 13 ans à pouvoir communiquer avec nous et servir d’interprète.

Au cours de la journée, nous faisons encore de bien belles rencontres par le biais de nos entretiens. Nous rencontrons notamment 2 exploitants agricoles bio qui nous ont offert le gîte et le couvert, ainsi qu’une escorte de nuit avec un véhicule 4X4 sur la voie rapide entre Tirana et Durres, pour rejoindre ce second exploitant (le mot prince n’est finalement peut-être pas usurpé !).


Jean-Baptiste


Ils nous ont offert le gite, le couvert, servis de guides pour la visite d'un chateau...

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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