Date : 24/11
Distance parcourue : 40 Km
Départ/Arrivée : Virpazar / Podgorica
Cet article n’est pas pour rassurer !
Il est 16h30 nous stoppons notre route, à une vingtaine de kilomètres de la frontière
Albanaise. Nous sommes dans un petit village, construit autour de la mosquée, nous nous installons dans l’unique bar.
17h00, on entend l’imam pour la prière du soir, à cet effet le minaret laisse échapper de la
lumière en son sommet à travers de petites fentes, telles des étoiles dans la nuit tombante.
Dans ce bar, les gens sont très accueillants, on communique comme on peut, et finissons par
comprendre, qu’un français s’est un installé dans le village. Ils l’appellent pour nous, et nous rejoindra dans une petite heure. Dans le village,
son surnom est « le français ». Celui-ci nous rejoint, il nous explique qu’il s’est installe il y a 6 mois, il y construit sa maison et travaille à son compte dans la revente de
véhicules français issus de la location, et cela au Monténégro ainsi qu’en Serbie.
Nous lui racontons notre projet et venons au fait que le lendemain nous pénétrons en Albanie,
le questionnons sur ce pays pour s’en faire une idée.
Son discours peut nous paraitre inquiétant, car il emploie des mots comme « cowboy, Far
West, mafia… », et que plus jamais il n’y remettra les pieds. Il le justifie par une mauvaise expérience personnelle au sein de ce territoire. En effet, il a été stoppé sur la route en
direction d’un restaurant en Albanie, d’une très bonne réputation gastronomique, son argent et quelques affaires lui ont été subtilisées.
Bien entendu, son discours n’est pas pour nous rassurer, on se met à se poser des questions. De
plus, étant depuis un petit moment dans ce bar, cela n’arrange pas les choses. Des questions nous viennent à l’esprit, comment ferons-nous si on se fait prendre notre argent ? Nos
passeports ? Nos affaires ?
C’est un pays sur lequel on pose de temps en temps des questions depuis le début de notre
voyage. Car nous en connaissons que très peu de chose, les gens avec qui nous avons pu en discuter sont très méfiants à son égard.
Dans tous les cas, nous sommes tous décidés à le traverser, bien sur en y faisant attention
comme dans tous les pays que nous traversons depuis le début. Mais à l’issue de ce parcours nous espérons bien en faire ressortir une très bonne impression.
Jean-Baptiste
Presque en haut de la cote...
Date : 24/11
Distance parcourue : 50 Km
Départ/Arrivée : Podgorica (Montenegro)/Shkoder (Albanie)
Comment construire sa propre opinion ?
L’Albanie, le pays le plus pauvre d’Europe véhicule une très mauvaise image. Depuis notre
départ, nous avons eu certains témoignages qui nous ont quelque peu interpellés (mafia, bandits de grand chemin, police corrompue…). Mais j’estimais que certaines personnes avaient tendance à
exagérer et que je ne devais pas y prêter d’importance. Mais le temps passe très vite et nous voilà le 24 novembre à la frontière de l’Albanie. A cet
instant, je deviens moins confiant et je me remémore l’ensemble des témoignages que nous avons pu recueillir au sujet de ce pays. Après une longue discussion, nous décidons de franchir ce pays en
mettant en place le plan « carapace » : nous cachons où nous pouvons nos papiers sur nous et nous nous munissons de quelques billets afin
de satisfaire les éventuels bandits qui souhaiteraient nous braquer. Dès la frontière franchie, les routes deviennent catastrophiques. Une atmosphère
peu agréable y règne : toutes les stations services que nous apercevons sont abandonnées, des tas d’ordures jonchent les routes et des odeurs parfois pestilentielles les accompagnent. C’est
seulement après avoir atteint la première ville que j’ai pu réaliser que ce pays n’était pas si désagréable. Dès les premiers contacts avec les gens, je m’aperçois qu’ils sont particulièrement
chaleureux et intéressés par notre présence. Les échanges sont très aisés. Nous mangeons dans un petit restaurant convivial (pour consommer sa viande, il est nécessaire d’aller chez le
boucher, le restaurateur vous la cuira) : le patron passe plus d’une demi-heure à discuter avec nous. Ainsi je peux dire que ce pays ne mérite
surement pas l’image qu’on lui attribue et doit être connu par le plus grand nombre de touristes. Toutefois, je pense qu’il est nécessaire de rester prudent car il est certain que dans un pays si
pauvre, le vol peut être un moyen de subsistance.
Gwenn
Joviali et sa famille nous ont accueillis le premier soir
Date : 25/11
Distance : 99 km
Départ/Arrivée : Shkoder/Tirana
Welcome to Tirana :
A notre arrivée dans Tirana, nous sommes aspirés, comme par un tourbillon, dans la densité du
trafic et des voitures qui s’engouffrent dans une jungle urbaine. En slalomant avec difficulté entre les véhicules, nous observons avec curiosité et étonnement les ateliers de découpe de viande
en plein air qui longent la route, les bouis-bouis (petits commerces) dont les écriteaux sont peints de toutes les couleurs, les gens jouer aux paris sportifs dans les cafés ou encore des enfants
laver les pare-brises des voitures aux feux rouges. Certaines rues sont entourées d’un nuage de pollution où dominent de nouveaux immeubles en construction. La ville est en pleine
extension ; les maisons poussent comme des champignons dans une forêt de bitume où les plans d’urbanismes sont restés dans les tiroirs.
Il fait nuit. Nous recherchons un jardin pour planter la tente depuis presqu’une heure
maintenant, en vain. Nous frappons à une nouvelle porte, c’est un gamin de 13 ans qui nous ouvre. Matia parle très bien anglais et prend la responsabilité de nous inviter chez lui. Stupéfaits,
nous plantons, avec joie, la tente dans son jardin. Matia, intrigué par notre aventure, passe une bonne partie de la soirée avec nous et nous aide tant qu’il peut en nous offrant des mandarines
et une bombonne de gaz pour faire cuire nos pâtes. C’est au milieu d’une ville chaotique que nous rencontrons un petit bonhomme doué d’un sens incroyable de l’hospitalité et du
savoir-vivre.
Sylvain.
Centre-ville de Tirana...
c'est le bazard
Date : 26/11
Distance : 0 km
Départ/Arrivée : Tirana
L’Albanie, dépaysement total.
Nous avons connu la Suisse, droite et organisée ; l’Autriche, soignée et froide (les
températures je veux dire) ; la Slovénie, accueillante et montagnarde ; la Croatie, belle et estivale ; la Bosnie, meurtrie et chaleureuse ; le Monténégro, petit mais pentu.
Mais l’Albanie, je ne sais comment la qualifier. Imaginez une charrette coincée entre deux énormes Mercedes, l’ensemble fonçant sur une route couverte de nids de poule. La caravane soulève une
poussière digne d’une tempête de sable. Sur le côté de la route, trois pintades attachées par les pattes attendent patiemment un acheteur. De l’autre côté, une vache est égorgée sur le trottoir.
Un peu plus loin, un groupe d’hommes est assis à la table d’un café, regardant des matchs de foot à la télé en pariant sur les résultats (« métier » le plus courant du pays parait-il).
On se sent complètement dépaysé, et pourtant c’est à côté de chez nous (la preuve, on y est allés à vélo !)
Joannes
Presque en haut de la cote...Matia, le p'tit bonhomme chez qui nous avons passe 2 jours
Date : 27/11
Distance parcourue : 28 Km
Départ/Arrivée : Tirana/ Marikaj
3 jours que nous y sommes.
Dans mon article précédent, j’évoquais notre futur entrée en Albanie. Cela fait maintenant 3
jours que nous y sommes, faits de rencontres quotidiennes toujours aussi étonnantes.
Bien évidemment, le pays a de grandes difficultés économiques, mais lorsque nous demandons à
des maisons de nous accueillir, celles-ci acceptent bien souvent et nous donnent toujours beaucoup plus que ce que nous demandons. Comme avec cette famille que nous quittions ce matin, nous avons
été accueillis comme des princes. Pendant que le père de famille tente de réparer l’éclairage sur 3 de nos vélos à dynamo, nous tentons de rendre la même chose en réglant les freins du vélo de
son fils. Ce ne sera que poussière par rapport à ce qu’ils nous ont apporté. Mais, ce qui était intéressant de voir, c’était la fierté du père envers son fils de 13 ans à pouvoir communiquer avec
nous et servir d’interprète.
Au cours de la journée, nous faisons encore de bien belles rencontres par le biais de nos
entretiens. Nous rencontrons notamment 2 exploitants agricoles bio qui nous ont offert le gîte et le couvert, ainsi qu’une escorte de nuit avec un véhicule 4X4 sur la voie rapide entre Tirana et
Durres, pour rejoindre ce second exploitant (le mot prince n’est finalement peut-être pas usurpé !).
Jean-Baptiste
Ils nous ont offert le gite, le couvert, servis de guides
pour la visite d'un chateau...