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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 19:01

Date : Mercredi 18 Novembre

Distance parcourue : 0 Km

Départ arrivée : Drvenik (Croatie)


Niveau supérieur de confort : Nuits à l’hôtel

Je vais vous conter une rencontre incroyable une fois de plus… Hier soir, nous entrons dans un bar sur la côte croate, dans un petit village de pécheurs, avant de chercher (comme d’habitude) un coin pour planter la tente. Nous entamons la discussion avec un homme qui parle allemand. Nous racontons notre projet, discutons le meilleur itinéraire à suivre, les coins les plus jolis… rien de plus classique. Puis vient le moment où on lui demande s’il ne connait pas un pré où nous pourrions planter la tente : le v’la-t-il pas qu’il nous invite gratuitement dans son hôtel (fermé en cette saison), et sa femme nous offre le diner. Nous décidons alors de passer la journée du lendemain avec eux, pour les aider à ramasser les olives (ils ont 100 oliviers, et y’a un paquet d’olives par arbre…). Du coup, ce soir c’est le festin du roi qui nous attendait… et nous resterons une nuit de plus à l’hôtel…


Joannes


Pique-nique a l'ombre des oliviers


 En coccinelle... vers l'oliveraie

Date : Jeudi 19 Novembre

Distance parcourue : 51 Km

Départ arrivée : Drvenik-Korcula (Croatie)


A la découverte de Marco Polo

Aujourd’hui, l’objectif est de remonter sur les traces de Marco Polo. Le célèbre explorateur et marchand Vénitien,  qui a par ailleurs ouvert la route de la soie avec l’aide de son père et son oncle, qui le présenta à l’empereur Mongol, puis au plus grand empereur chinois.

Nous souhaitons remonter la vie de cet explorateur, que nous connaissons peu, et  ainsi peut-être,  faire un parallèle avec notre voyage. Effectivement, nous ouvrons une route sur l’agriculture biologique au travers des rencontres que nous faisons, dans les pays des Balkans…. Bien évidemment,  nous ne sommes pas des marchands, mais des explorateurs en herbe, pour le moment nous enrichissons notre ouverture personnelle sur le monde. Par ailleurs, je peux reprendre une phrase de l’explorateur : qui ne l’a pas vu ne pourrait le croire. Cette phrase est le leitmotiv de son livre qu’il dicta à un célèbre écrivain Anglo-Saxon de l’époque (XIIIième siècle) lorsqu’il fut prisonnier dans la bataille navale de Korcula, entre les états Vénitiens et de Génovèse. Sa devise est également « incroyable mais vrai »

Apparemment, il serait né sur une île de Croatie, l’île de Korcula, c’est en tout cas ce que revendique les Croates. Pour atteindre cette île nous devons prendre 2 bateaux et traverser une presque île sur une vingtaine de kilomètres. Pour une mise en jambe, nous commençons notre parcours par un contre la montre en équipe, digne d’un prologue du tour de France, notre bateau est à 9h30 et nous devons parcourir 24km. Avec plus de 3200 km dans les jambes maintenant, nous atteignons celui-ci  avec  ¾ d’heure d’avance. Surement la conséquence d’une légère sur estimation du temps nécessaire, ou bien une sous estimation de nos performances qui ont nettement progressées depuis notre départ.

Nous avons déjà fait l’objet d’un article sur « le tourisme à contre saison ». Cet article vient l’enrichir, car malheureusement nous venons d’en faire les frais, le musée que nous voulions visiter sur les traces de Marco Polo est fermé. Malgré tout, la ville de Korcula sur l’île du même nom est magnifique, elle est fortifiée, ouverte sur la mer, avec ses étroites ruelles remontant sur une petite place centrale ou l’on retrouve l’église. Cette ville a pratiquement conservé son état d’origine.


Jean-Baptiste

 

Korcula, ville natale de Marco Polo?

Date : 20/11

Distance parcourue : 115 km

Départ/Arrivée : Korcula/Dubrovnik


Le problème mécanique

Tout se passait si bien jusqu’à présent, voire trop bien. Le contexte est toujours le même : soleil rayonnant, voyage en vélo au bord de la mer… Mais aujourd’hui, à 9h30 au sommet d’une côte, Jean-Baptiste m’interpelle : « Gwenn, ta roue est voilée ». A cet instant, le voyage prend une autre dimension. Nous devons parcourir 100 km et je suis certain que mon vélo sera incapable de réaliser une telle distance. Nous décidons de nous séparer : Joannès reste avec moi pour faire du stop. Sylvain et Jean-Baptiste continuent le voyage. Nous nous rejoindrons (peut-être) à Dubrovnik. Après une heure d’attente, une camionnette s’arrête. Nous parcourons 30 km avec notre chauffeur (vigneron) qui nous offre une dégustation de vin à notre arrivée. Il ne nous reste plus que 70 km à parcourir ; 10 autres km sont effectués trois heures plus tard en pick-up (le trafic est très faible). Nous finissons en bus. En arrivant à Dubrovnik, nous nous rendons dans 5 magasins différents pour réparer la roue : aucun n’est en mesure de nous aider. La journée s’annonce difficile pour demain. Nous rejoignons Sylvain et JB. Cette journée fut compliquée mais oh combien enrichissante. Le Stop est une manière différente au vélo de voyager : plus compliquée mais surement plus intéressante en termes de rencontres.


Gwenn

 

La cote croate

Date : 21/11

Distance : 100 km

Départ : Dubrovnik (Croatie)-Kotor (Montenegro)


Prévision du CAC 4 : Compteur Amicale de Convivialité :

Voici les prévisions de notre nouvel indicateur du CAC 4 pour les prochaines semaines de notre périple. En course : forte augmentation du taux d’ensoleillement quotidien ; ciel bleu pour tous placements sur la mer adriatique ; côtes (montagneuses) en hausse pour le Monténégro ; croissance ininterrompue des sourires et rencontres ; et investissements sûr sur le cyclotourisme à contre-saison.

Tout placement massif sur le CAC 4 contribuera de façon certaine à la construction d’une société humainement amicale et conviviale.


Sylvain.

 

Les paysages participent a la convivialite

Date : 22/11

Distance parcourue : 92 km

Départ/Arrivée : Kotor – Virpazar (Monténégro)


Un moral d’acier

Ce voyage, en plus de nous enrichir en connaissances, culture, ouverture… nous enseigne la persévérance. En voici une illustration : aujourd’hui, nous souhaitions rejoindre Podgorica, capitale du Monténégro. En effet, nous rencontrerons une ONG lundi matin au centre-ville. Depuis avant-hier, Gwenn roule avec une roue voilée, qui peut lâcher d’un moment à l’autre. Cet après-midi, ma chambre à air « increvable » me lâche. Concernant l’itinéraire, tous ceux à qui nous avons demandé conseil nous ont orientés vers la route de la côte, aux paysages magnifiques, qui emprunte un tunnel long de 5Km. La route est effectivement magnifique, mais bien que située le long de la mer, elle est « Up and down » (cf article de JB). Nous arrivons en début d’après-midi à l’entrée du tunnel : il est EVIDEMMENT interdit aux vélos. Nous tentons le tout pour le tout, et nous y engageons quand même. Après 200m à l’intérieur, une voiture de la sécurité nous arrête, et un homme nous invite à rebrousser chemin. Il nous faut alors refaire la route « Up and down » en sens inverse sur 15 Km, et passer au-dessus de la montagne (imaginez la taille d’une montagne traversée par un tunnel de 5 Km..). Après 2 ou 3 soupirs chacun, nous prenons la cote, et arrivons tant bien que mal au sommet… épuisés, exténués, mais fiers de persévérer. Nous arriverons demain matin à podgorica, et continuerons notre route vers l’inconnu en bravant les difficultés.


Joannes



Au sommet de la cote, nous sommes recompenses par la vue
Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 17:42
De nouveaux entretiens ont ete publies dans les pages `Slovenie, Croatie et Bosnie`.
Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 06:23

 

Date :10 Novembre 2009

Nombre de kilomètres : 0

Départ – arrivée : Ilidza (Sarajevo)

Du tourisme contre la misère

Ce matin, nous avons rencontré Hasan Sabeta, qui fait du tourisme équitable : ce bosniaque jeune retraité prend en charge bénévolement des touristes français. Il les accompagne visiter certains coins magnifiques de Bosnie. L’hébergement est réalisé dans des « fermes », qui sont en fait des familles pauvres, qui produisent leur alimentation pour survivre. L’accueil des touristes leur permet d’avoir un revenu. De plus, les bénéfices réalisés par ce tourisme sont reversés à des associations (orphelinat pour les enfants de la guerre, familles pauvres…). Hasan nous conseille quelques coins à visiter sur notre route, nous suivrons ses conseils…


Joannes


Le tunnel de Sarajevo : seul moyen de communication de la capitale avec l'extérieur pendant la guerre

Date : 11/11

Distance parcourue : 130km

Départ – Arrivée : Ilidza (Sarajevo) – Mostar

Le klaxon

Cet avertisseur sonore utilisé dans nos contrées pour saluer un ami(e) que l’on croise, ou bien au contraire, pour exprimer un mécontentement envers un automobiliste, qui peut avoir exécuté une manœuvre indélicate à notre goût. Il s’en suit généralement par quelques mots, que l’on peut  aisément comprendre au travers du pare brise, par une mise en scène gestuelle du conducteur.

Enfin bref, au cours de notre voyage nous entendons divers coups de klaxon. Ceux-ci nous sont adressés, la plupart du temps, pour nous prévenir lorsqu’une voiture veut nous dépasser « Tut ». Ce qui est plutôt sécurisant, ainsi nous serrons au mieux notre droite. Nous distinguons diverses sonorités, dont une plus imposante « Beuuuh ». Nous comprenons distinctement qu’il va falloir ne pas bouger car un camion vient à notre hauteur. Imaginez ça sous la pluie et sur des routes dignes d’un bon gruyère (petit moment d’ émotion).

Mais, depuis que nous traversons la Bosnie nous rencontrons des coups de klaxon d’un autre genre, ils sont plus répétitifs et spontanés « tututuut », agrémentés de salutations de la main, pour nous exprimer un bon accueil, une bonne route et nous encourager dans notre périple. Lorsque l’on voyage en vélo, il est important de comprendre ce précieux langage !

Jean-Baptiste


 

Le v ieux pont de Mostar (époque ottomane) : symbole de réconciliation


Date : 12/11

Départ-Arrivée : Mostar - Blagaj

Nombre de kilomètres parcourus : 34 km

La tolérance

 

A Sarajevo, deux jeunes lycéens nous ont interviewés au sujet de la tolérance dans le cadre de leur scolarité : ma réponse fut brève et m’a quelque peu insatisfait. J’ai donc réfléchi à ce sujet ces derniers jours. La tolérance est une vertu que chacun d’entre nous doit posséder afin qu’une société puisse évoluer dans les meilleures conditions. Sans quoi, les hommes seraient en permanence en guerre comme ce qui s’est produit en Bosnie Herzégovine en 1992. Mais ce qui est paradoxal, c’est qu’aujourd’hui les bosniens sont capables de reconstruire un pays même si trois religions (orthodoxe, catholique, musulmane) ainsi que trois nationalités (serbe, croate, bosniaque) les opposent radicalement. Ainsi, je pense que la Bosnie Herzégovine peut donner une leçon de tolérance à l’ensemble de l’Europe.

Mais la tolérance peut également être analysée à l’échelle individuelle. Si nous étudions notre groupe de 4 cyclistes, nous nous apercevons que chacun d’entre nous doit réaliser des efforts pour accepter les différences de chacun. Par ailleurs, nous savons que la tolérance présente certaines limites. Ainsi, nous devons réaliser un travail sur nous même afin de répondre aux attentes du groupe. 

 

Gwenn

 

Semir et Daniel nous acceuillent dans leur demeure ottomane

Date : Vendredi 13/11

Distance : 40 km

Départ/Arrivée : Blagaj/Mostar/Blagaj

Bilan semi-trimestriel de l’équipe cyclable

Cet article sera alimenté par le recueil des impressions personnelles des différents membres de l’équipe.

Gwenn : « Ce voyage me permet d’apporter une réflexion personnelle sur la vie future. Nous apprenons à gagner en humanité et générosité »

Joannes : «  Ce voyage est une leçon sur la convivialité, l’accueil et la disponibilité. Il s’agit là de valeurs essentielles, trop souvent oubliées. J’espère m’en souvenir à notre retour en France. »

Jean-Baptiste : «  Ce voyage est enrichissant au niveau de la vie en communauté et de l’esprit d’équipe. Nous partageons les difficultés mais surtout les bons moments avec les gens que nous rencontrons. »

Pour ma part, j’aime cette liberté quotidienne qui nous enivre sur la route de la convivialité ; liberté  rythmée par des rencontres et des échanges atypiques, d’une richesse hors du commun. Une vraie bouffée d’air pur.

Sylvain


La source Buna :parmi les plus grandes d'Europe (43000 litres par seconde)

Date : 14 Novembre 2009

Nombre de kilomètres : 56

Départ – arrivée : Buna – Medugorje (Bosnie)

Les vacances d’automne

Après Sarajevo, un col nous attendait. Un tunnel à la cime sépare la Bosnie de l’Herzegovine (qui sont les 2 régions de la Bosnie Herzegovine). Ce tunnel sépare aussi un climat de montagne (Sarajevo) d’un climat méditerranéen (Mostar). La chaleur plus qu’agréable de la journée nous fait oublier la fraicheur de la nuit. Ce facteur climatique a une grande influence sur notre voyage, puisque… nous n’arrivons plus à avancer !! Nous avons passé presque 3 jours à Mostar, fait 30 Km effectifs (= qui nous font avancer sur l’itinéraire) pour s’écarter de 17 Km par rapport à l’itinéraire prévu, et passer une journée de plus à visiter. Nous prévoyons de nous rendre sur l’une des iles croates, espérant trouver des températures encore plus clémentes. Comme prétexte, nous rencontrerons sur cette île le directeur d’une coopérative agricole biologique. C’est un peu nos vacances d’automne, quoi qu’on en dise.

Joannes


L'église de Medugorje, lieu de pélerinage catholique

Date : 15/11

Distance parcourue : 90km

Départ – Arrivée : Medugorje (Bosnie)- Petit village de l’île de Hvar (Croatie)

Un nouveau pays, une nouvelle frontière.

 

C’était le cas à chaque fois mais pour une fois, nous pénétrons un pays déjà traversé. Nous y revenons, cette fois, par le sud ouest. Voyager le long de la côte Croate, c’est un changement radical de paysage. Nous slalomons tout d’abord, dans des collines nues de végétation, faisant apparaitre la roche gris claire parsemée de taches, où la vie végétale arrive à s’y accrocher. En quelques kilomètres, nous arrivons sur la côte. Les collines se prolongent dans cette mer adriatique, où à la limite de ses deux éléments, des petits villages de pécheur prennent place. Leurs maisons sont blanches surmontées d’un toit en tuile réfléchissant au mieux la lumière.

De l’un d’eux, nous traversons en ferry  un bras de mer, pour accoster sur l’île de Hvar. Sur cette île, plus longue que large, nous circulons sur la route bordée d’oliviers et de mandariniers organisés dans un quadrillage aléatoire de petits murets en pierres. Sur le trajet, une odeur nous embaume, c’est de la Sauge, une plante médicinale. Les tentes plantées sous les oliviers, nous dormons la tête sous un ciel étoilé.

Jean-Baptiste


 
Vue sur la mer adriatique à partir de l'Ile de Hvar

Date : 16/11

Départ-Arrivée : Petit village de l’île de Hvar-Stari Grad (île de Hvar, Croatie)

Nombre de kilomètres parcourus : 49 km

Une sacrée claque de conscience

 

Au moment où je vous écris, je suis allongé sur le ponton d’un petit port d’une île croate nommée Hvar. Le soleil rayonne légèrement dans un ciel dépourvu de nuages : Depuis Mostar, notre voyage a décidément pris un réel tournant. Nous sommes accompagnés depuis 4 jours par un soleil éclatant. Mon article est consacré à la journée d’hier. Nous avons pu découvrir l’île de Hvar. Sur notre route nous admirons les champs d’oliviers, de mandarines et de vignes. En contre bas, nous contemplons la mer, d’une eau limpide et plus claire que l’eau de roche. A ceci s’ajoutent des odeurs de thym, de sauge sauvage et de romarin : on se croirait dans le pot d’herbes de Provence de notre maman. Enfin, nous découvrons la vie des habitants qui semble paisible : des vieux sur la terrasse d’un café jouent aux cartes. Un autre quitte le port pour se consacrer à la pêche au poulpe. Enfin, certains sont dans les champs pour la récolte des olives et des mandarines. Mais ce qui est le plus appréciable, c’est que nous sommes quasiment les seuls touristes sur cette île (à contre saison). Je prends donc une claque de conscience : j’imaginais ce voyage comme une aventure difficile qui allait me demander de faire preuve de courage et de résistance.

 

Gwenn

 

Le vignoble "Ivan Dolac", lieu paradisiaque sur l'ile de Hvar

Date : 17/11

Distance : 61 km

Départ/Arrivée : Stari Grad - Drvenik

La durée des jours :

Avant notre départ nous avions anticipé de nombreux imprévus climatiques auxquels nous allions être confrontés. Nous avions, notamment, orienté notre itinéraire vers les courants d’air chaud de la mer méditerranéenne et réfléchi à notre équipement en fonction de la pluie et du froid.

Après plus de 3000 km à vélo, je pense pouvoir dire que nous étions bien préparés. Bien sûr, nous avons du faire preuve d’inventivité et de créativité au fil des jours pour rendre notre quotidien plus « agréable ». A cet effet, nous pourrions écrire un livre sur « les trucs et astuces du cyclotourisme à contre-saison ».

Néanmoins, malgré nos brillants diplômes d’ingénieurs en poche, un phénomène naturel très simple nous avait complètement échappé : la diminution de la durée des jours. Plus que la pluie ou la neige, les couchés de soleil précoces nous affectent tout particulièrement et dictent avec impérialisme notre quotidien.

Il est 16h30, nous assistons, impuissants, au couché d’un soleil rouge sur la méditerranée depuis la passerelle supérieure du bateau.

Sylvain.

 

En attendant le bateau sur l'ile de Hvar...

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 18:32

Date : 30/10

Distance parcourue : 60 km

Départ/arrivée : Zagreb- Habijanovac

 

Rendez-vous avec Zlata Nanic pour 19h30

Nous ne pouvons quitter Zagreb avant 17h00, un colis d´une haute importance provenant de France nous attend (gâteau et plat fait maison, fruit sec de banane, saucisson...) : pour ce délicieux colis, nous remercions Fleur. Pour le coup, nous devons faire une partie du trajet en train sur 50 km et le reste, de nuit à vélo. Bien sûr, c´est toujours quand nous sommes pris par le temps que quelques imprévus peuvent se produire. Effectivement, notre seul train pour espérer d’être à l´heure, est à 18h27. Au moment où nous trouvons enfin celui-ci, le contrôleur refuse de nous y faire monter et nous incite même à prendre le prochain. Mais c´est sans compter sur notre détermination et surtout notre patience, que celui-ci accepte de nous faire monter. En quelques secondes, nous envahissons l´une des entrées du wagon avec nos vélos et nos 12 sacoches, qui ne manquent pas de susciter l´interrogation des passagers. A notre terminus, nous n´avons que peu de temps pour descendre d´une station sans quai. Dans la précipitation nous formons un amas d´affaires sur les gravillons de la gare. Celle-ci est au milieu de nul part, sans vie et sans route réelle mise à part deux petits chemins en terre que nous testerons l´un après l´autre. Ces petits imprévus sont vite oubliés face à l´accueil que nous a réservé Zlata Nanic. Celle-ci possède une ferme touristique et biologique.

Elle nous a composé un diner selon la cuisine macrobiotique dont elle en fait d´ailleurs son commerce sur un marché qu´elle a créé (pour plus de détails, je vous invite à lire l´interview sur le blog). Toujours est-il, que son diner composé de Tofu, de 4 steaks différents à base de blé accompagnés d´une sauce de paprika, et d´un délicieux clafouti sans œuf, nous a convaincu (cuisine se situant entre le végétarien et le végétalien avec un but thérapeutique).

Jean-Baptiste



La sortie du train... plus que perdus 


Date : 31/10

Distance parcourue : 60 km

Départ/arrivée : Habijanovac-Garesnica

 

Le temps, ce n’est pas que de l’argent

 

Il est 20 heures du soir. Tout le monde est dans sa tente puisqu’il pleut à flot. Je consacre donc ma « soirée » à la rédaction de mon article. J’ai décidé de le dédier à la rencontre que nous eu avec Zlata Nanic. Cette vieille dame m’a particulièrement touché. En effet, à elle seule elle est parvenue à créer une entreprise qui emploie aujourd’hui 10 personnes. Ce qui est incroyable, c’est qu’elle est capable de mener un projet durable (respect de l’environnement, amélioration de la santé des êtres humains), tout en s’accordant du temps pour mener une vie paisible et harmonieuse. En effet, nous avons pu remarquer qu’en plus de sa fonction de chef d’entreprise, elle peut consacrer certaines de ses après-midi à la cueillette de champignons ou à du bénévolat dans plusieurs associations. Par ailleurs, elle n’a pas hésité à nous offrir l’ensemble de sa matinée, pour nous présenter son exploitation et répondre à nos questions.

Cet exemple de vie prouve qu’il est possible de mener une vie professionnelle épanouie, tout en prenant le temps de vivre. Ainsi, je souhaite compléter cette expression : Oui le temps, c’est de l’argent, mais c’est aussi notre vie : ce qui implique que nous devons avoir des occupations qui nous passionnent et qui nous révèlent avant tout. Je pense que les relations ne doivent pas être fondées uniquement sur l’argent, mais également et surtout, sur l’entraide et le partage.

Mais ceci reste la conception que je me fais du temps. Ainsi, si vous avez des remarques à apporter n’hésitez surtout pas à nous les faire parvenir… Merci beaucoup.

 

Gwenn


Le repas de Zlata - La macrobiotique ca vous gagne

 


Le petit dej' copieux et sain  


Date : 01/11

Distance parcourue : 104 km

Départ/arrivée : Garesnica – Oriovac

 

Une rencontre improbable

 

La nuit a été très froide, au réveil, le champ et les tentes sont recouverts d’une pellicule de givre. La chaleur de la maison de Zlata nous semble déjà loin.

Aujourd’hui, nous devons rencontrer un éleveur de dindes bio proche de Slavonski Brod, à la frontière bosniaque. Cette rencontre va conditionner les 2 prochaines semaines de notre voyage et approximativement les 1000 prochains kilomètres. Nous pouvons encore faire le choix de continuer vers le sud de la Croatie pour longer la côte adriatique et rejoindre plus rapidement le Monténégro ; ou s’enfoncer dans les terres croates et traverser la Bosnie, pays montagneux, froid à cette période de l’année et faisant l’objet d’une mauvaise presse. Le débat ne dure pas longtemps et nous prenons la décision d’avancer vers l’est.

Paradoxalement, le contexte de la rencontre est improbable. Nous ne connaissons que le nom de l’éleveur qui nous a été envoyé par mail. Zlata avait appelé les renseignements pour connaitre son adresse et son numéro de téléphone. En réalité, il n’existe pas de Mivloj Radar et seul un certain Milivoj Rakar habitant à Oriovac, à 20km de Slavonski Brod. Aucun numéro de téléphone n’est disponible. Nous roulons donc pendant plus de 100 km sans aucune certitude de trouver cette personne, ni qu’elle élève des dindes…

Arrivée à Oriovac, nous demandons l’adresse à 2 jeunes gens. L’un d’eux nous reconnait, il nous avait vu à la gare de Zagreb 2 jours plus tôt avec nos vélos ! La deuxième personne nous montre la maison de Milivoj, nous sommes juste en face mais personne ne répond ! Il nous explique qu’il loue une deuxième maison 2 km plus loin et nous propose de nous y conduire. Une fois là-bas, nous rencontrons son père qui ne parle pas anglais. Notre ami fait les présentations et nous sert d’interprète. Quelques minutes plus tard, Milivoj arrive, il est bien éleveur de dinde et accepte avec plaisir de nous rencontrer. Il nous accueil avec une coutume croate très particulière. Nous sommes invités à boire un verre de schnaps qui se traduit en réalité par une bouteille entière. Nous passons la soirée autour d’un excellent repas.

Nous sommes de plus en plus impressionnés par la gentillesse et la disponibilité des gens. Cette improbable rencontre va bien au-delà de tout ce que nous espérions.

 

Sylvain



Miki nous accueille au Rakia 

 

Miki et son autruche 

 

Date : 02/11

Distance parcourue : 42 km

Départ/arrivée : Oriovac (Croatie) – Sijekovac (Bosnie)

 

La porte est ouverte !

 

La journée commence… comme s’est terminée la précédente : cette bonne vieille coutume croate nous « oblige » à boire le rakia avant de prendre le petit déjeuner. C’est un petit déj’ typique qui nous est servi par la maman de Miki, avec saucisses, choucroute, purée…

Nous avons finalement réussi à quitter la maison de Miki, pourtant si accueillante. Aujourd’hui nous passons la frontière bosniaque. Le contraste est énorme, nous arrivons en plus dans une zone où l’immense majorité des maisons a été détruite pendant la guerre (1992-1995).

Nous ne savons pas comment faire pour dormir : il fera bientôt nuit, et nous n’osons pas planter la tente car certains terrains pourraient être encore minés. Nous demandons finalement à un homme, dans un petit village, s’il n’a pas un bout de jardin pour notre tente. Là, en l’espace de 3 minutes, ce village en ruines aux ¾ et paraissant mort, se remplit d’une marmaille grouillante, accompagnée d’adultes curieux. Par chance, parmi eux une femme parle allemand. Elle était réfugiée en Allemagne de 92 à 99. Après avoir proposé un bout de jardin, puis un garage, elle finit par nous inviter dans sa maison, et nous apporte des plats copieux. C’est un accueil jamais vu ; ce soir nous ne planterons pas la tente (pas plus qu’hier…).

Joannes

 

Une famille bosniaque qui a vecu en Allemagne  

 

Gwenn passera-t-il la frontiere? 


Date : 3/11

Distance parcourue : 80Km

Départ – Arrivée : Sijekovac - Gracenica

 

Terrible journée !!!

 

Il pleut, nous sommes trempés jusqu’aux os, pourtant chacun de nous avaient mis ces sur-chaussures et son K-way, mais face au froid, à la pluie et aux flaques d’eau se transformant en gerbe au passage des camions, notre équipement a atteint ses limites, surtout quand d’autant plus la neige vient blanchir nos casques.

 

Terrible journée, c’est peu de le dire, car à la tombée de la nuit, au moment où nous devons trouver un bout de gazon pour planter la tente, nous frappons à une porte, une famille musulmane composée d’une tante et de son neveu ouvre la porte et s’exclament « mais vous êtes trempés », ceci fut leur première réaction après leur avoir expliqué notre souhait.

Cette famille au final nous accueille les bras ouverts dans leur maison. Nous nous changeons au chaud en inondant quelque peut l’entrée où elle fit d’ailleurs un parcours avec des serviettes pour absorber au mieux l’eau qui ruisselle de nos vêtements. Nous partageons avec eux le café Turque (un gros goûté) et le shnaps à l’arrivé de l’oncle d’Emirh.

Nous passerons l’une de nos meilleures soirées en compagnie de cette famille qui fait preuve d’une très grande hospitalité, de partage et de simplicité.

 

Jean-Baptiste



Sortie avec Emir et ses amis jusqu'a 1h30 du matin

 


Encore Rakia chez Emir


Date : 4/11

Distance parcourue : 45Km

Départ – Arrivée : Gracenica - Tuzla

 

« Savoir recevoir, c’est savoir accueillir »

 

Notre vie en Bosnie Herzégovine est remarquable et ceci étant principalement lié à la générosité des gens. Les conditions du pays ne nous permettent pas de pratiquer le camping sauvage (terrains minés et nombreux bandits). Ainsi, nous sommes amenés à frapper à la porte des gens afin qu’ils nous permettent d’installer notre tente dans leur jardin. Ce qui peut paraître incroyable, c’est que toutes les personnes à qui nous avons demandé l’hospitalité ont été particulièrement chaleureuses : elles nous ont ouvert leur maison, offert un repas mais aussi consacré de leur temps pour nous présenter leur pays et leur culture. Imaginez-vous la situation : 4 hommes inconnus frappent à votre porte à la tombée de la nuit, et vous demandent d’occuper votre jardin. Quelle est votre réaction ? En tout cas, je connais aujourd’hui celle des bosniaques…

J’ai intitulé mon article « savoir recevoir, c’est savoir accueillir » car j’espère que je pourrais à mon retour, proposer le même accueil que je connais en ce moment en Bosnie. Je découvre ici un savoir-vivre très fort, qui permet aux hommes d’être unis et solidaires. Ce qui peut paraître paradoxale étant donné que ce pays était encore en guerre en 1995.

 

Gwenn



Une famille extraordinaire a Tuzla

 


A Tuzla, des gens particulierement disponibles pour la reparation d'une roue



Jeudi 5 novembre

Distance : 85 km

Départ/arrivée : Tulza/Pobuđé


Apres avoir remercié la famille d'Elma pour son accueil et son hospitalité en or, nous reprenons la route pour Pobuđé, près de Bratunac à la frontière Serbe. Nous sommes toujours en République Serbe de Bosnie. Les témoignages que nous avons recueillis jusqu’ici nous laissent pensifs sur la stabilité politique du pays et sa capacité à se reconstruire suite à la guerre. Les tableaux noirs concernant l’avenir du pays se succèdent comme en témoignent les maisons détruites ou abandonnées le long des routes. Seul Emir nous a dressé un portrait plus rayonnant. On ne peut qu’espérer que cette nouvelle génération saura tourner la page et faire avancer le pays.

Il est 13 heures quand nous arrivons à Pobuđé. Nous décidons de déjeuner dans un petit café avant notre rencontre avec Šaban Dedic. Quelques instants plus tard, un vieil homme, dont les traits du visage nous rappellent Pierre Rabhi, s’assoit à notre table et nous offre le café sans dire un mot. Il ne parle pas anglais et c’est un client voisin qui nous sert d’interprète. Nous mettons plusieurs minutes à comprendre qu’il s’agit de Šaban ! La rencontre commence de façon très conviviale et se terminera dans son salon autour d’un excellent repas. Nous échangerons également avec Dilles, qui parle français, sur ses souvenirs difficiles de la guerre.


Sylvain



Rencontre innatendue avec les Dedic


Saban anime la veillee entre voisins

Date : 6/11

Distance parcourue : 0Km

Départ – Arrivée : Pobude – Pobude (Bosnie)

 

Aujourd’hui, il pleut. Nous restons donc jusqu’à demain chez les Dedic, à l’Est de la Bosnie. Une éclaircie nous permet de visiter la ferme, et ses parcelles éparpillées. Nous avons eu des témoignages touchants, de personnes qui ont vécu la guerre. Pour résumer, la Bosnie appartenait à la Yougoslavie. En 1992, après un référendum, la Bosnie déclare son indépendance. Mais la Yougoslavie (qui en fait est dirigée par la Serbie) déclare la guerre à la Bosnie. Les serbes de Bosnie créent la « République serbe de Bosnie », et chassent les bosniaques de ce territoire. C’est alors des massacres horribles qui ont lieu, notamment le plus connu, celui de Srebrenica. Cette nuit de Juillet 1995, 9000 bosniaques sont assassinés par l’armée serbe. Certains ont réussi à fuir sous les balles serbes, c’est le cas de la famille Dedic qui a tout quitté pour marcher de nuit vers la zone libre. D’autres ont du se cacher, comme Dille, que nous avons rencontré hier et qui a vécu pendant 2 mois dans la forêt, traqué par les serbes et leurs bergers allemands. Tous ont perdu certains de leurs proches, et la guerre a laissé des traces : d’innombrables maisons sont en ruines, il n’y a pas de travail… Les Dedic ont vécu dans un camp de réfugiés jusqu’en 1999, puis ont courageusement décidé de revenir sur leurs terres, pour la cultiver. Témoignages très émouvants…

 

Joannes

 


L'ecole du village, dans les montagnes (forte ressemblance avec l'Ardeche)


Un repas typique bosniaque nous est servi - on mange a genoux

Date : 7/11

Distance parcourue : Pobude-Vlacenisa

Départ-arrivée : 80 km

 

Connaissez-vous les journées up and down?

Celles-ci sont des journées que nous réalisons fréquemment, voire trop fréquemment au travers de notre voyage, enfin bref, elles commencent en principe par un réveil très matinal disons 5h30 pour ne pas perdre une seule minute sur notre programme « en réalité c´est pour se garder une marge de sécurité sur notre objectif du jour ». Ce type de réveil nous met généralement en conditions, les cuissards de cycliste (moule bip! dans notre jargon) à la sortie de la tente sont d´ailleurs de rigueurs et cela ne plait d´ailleurs pas systématiquement à tout le monde. Au cours de cette journée, nous connaissons d´ailleurs des hauts et des bas, qui nous laissent le temps de profiter du paysage, surtout quand le soleil est de la partie et qu´il inonde de sa lumière les vallées. Ainsi du haut de nos montagnes nous profitons au mieux des couleurs de l´automne.

Je pense que vous l´aurez bien compris, il s´agit de nos étapes de montagne…

Jean-Baptiste



Dur passe - memorial de Srebrenica, apres le massacre


Un entrepot desafecte : lieu ou s'est deroule le massacre (8000 morts)

Date : 8/11

Distance parcourue : 90 km

Départ-arrivée : Vlasenica-Sarajevo

 

Une arrivée à Sarajevo

 

Sarajevo, qu’est-ce-que ce nom vous inspire ? Je vais vous donner ma propre vision avant ce voyage (j’avoue, j’ai honte) : cette ville était pour moi une capitale où la guerre avait régné, dans un pays dont j’avais oublié le nom.

Sarajevo, capitale de la Bosnie Herzégovine a accueilli les Jeux Olympiques d’hiver en 1984.  C’est également la ville où s’est déroulé l’événement qui a déclenché la première guerre mondiale (je pense que vous devez le connaitre, sinon allez sur internet)… C’est également une ville qui a énormément souffert de la guerre qui opposait les serbes, croates et bosniaques entre 1992 et 1995. Enfin, Sarajevo ressemble étrangement à Grenoble par le fait qu’elle est entourée de montagnes. Hier, nous avons campé entre deux maisons et figurez-vous qu’un de nos voisins nous a reconnu à la télévision, puisque nous avions été interviewés un reportage la veille, au sujet du massacre qui a eu lieu à Srebrenica. Ainsi, j’ai l’impression que nous sommes célèbres d’autant plus que nous avons été filmés par deux jeunes lycéens, avec qui nous avons visité la ville pendant toute la matinée. Le thème du reportage était la tolérance.

En conclusion, je tiens quand même à souligner qu’il n’est pas nécessaire de regarder TF1 tous les soirs dans l’espoir de nous voir aux actualités… Notre degré de célébrité n’est pas encore assez élevé.

 

Gwenn



En Bosnie, tous les moyens de locomotion sont bons

Lundi 9 novembre

Distance : 0 km

Départ/Arrivée : Sarajevo


Notre rendez-vous sur Sarajevo étant mardi matin, nous avons la journée pour visiter la ville, nous laver, laver notre linge et rédiger nos articles quotidiens qui prennent du retard au fil des rencontres. Nous passons d'ailleurs la matinée avec 2 jeunes étudiants bosniaques qui nous montrent la vieille ville. Ils trouvent plus intéressant de se balader avec nous que d’aller en cours… Pour enrichir un travail qu’ils réalisent sur la tolérance, nous leur donnons nos impressions sur les différences culturelles que nous avons pu observer au cours de notre voyage.

Nous nous quittons sur les coups de 11 heures, il est temps pour eux de retourner à  l’école et pour nous de laver nos affaires. Nous trouvons une fontaine un peu reculée sur les hauteurs de la ville. Le regard des gens ne nous surprend plus et nous profitons du retour du soleil pour faire sécher notre linge.

16h36, la nuit tombe de plus en plus tôt, nous nous apprêtons à partir à la recherche d’un endroit où planter la tente.


Sylvain

 

Visite guidee de Sarajevo, avec nos 2 amis lyceens

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 17:15

Date : 22/10

Distance parcourue : 0 Km

Départ/arrivée : Maribor-Maribor

 


Un spectacle matinal

Un petit matin d’automne, bercés par le trafic en périphérie de Maribor, nous campons à la bordure d’un champ. Le réveil se fait tranquillement au son du trafic qui s’intensifie. Nous dégustons tranquillement notre thé à la menthe et nos tartines de confiture traditionnelles quand encore une fois nous distinguons dans la brume matinale des faons en train de jouer dans la prairie, c’est un spectacle qui nous stupéfait toujours.


Jean-Baptiste

 


Rue de Maribor

Date : 23/10

Distance parcourue : 70

Départ/arrivée : Maribor - Mozirje


Mireille et l’abri bus

 

Cette journée commence pourtant si bien. Nous parcourons 60 km en une matinée sous un ciel clément qui nous offre quelques rayons de soleil. Après le déjeuner, nous demandons notre chemin à Mireille (ce nom est inventé). A notre grande surprise, elle nous propose de nous guider avec sa voiture jusqu’à la route principale que nous recherchons. Mais après quelques kilomètres parcourus avec notre nouvelle escorte, la pluie se met à tomber ce qui nous oblige à nous arrêter dans un abri bus et d’informer Mireille que nous ne pouvons plus la suivre. Nous lui faisons donc nos adieux.

Après une heure d’attente dans notre abri de fortune, un nouvel évènement survient : Mireille revient et nous offre une carte imprimée afin de nous guider. Ce geste attentionné nous touche particulièrement. La pluie ne s’arrête pas. Nous passons ainsi notre après-midi ainsi que notre soirée dans cette cabane, tels des adolescents à la recherche d’indépendance. Nous décidons enfin à nous coucher mais une question subsiste : Où ? Peut être dans l’abri bus tels des marginaux ou bien dans notre tente, au risque qu’elle ne résiste pas à l’intempérie. Après une longue réflexion, nous décidons de monter les tentes sous une pluie incessante dans un pré marécageux. Nous avons abandonné l’idée de l’abri bus car il est proche d’une route où des semi-remorques passent à vive allure. Ils auraient peut être perturbé notre sommeil.

Après avoir installé notre camp de fortune, nous nous couchons dans une atmosphère humide. Pour ma part tous mes pulls sont trempés…

 


Gwenn

 

Notre abri-bus

 


Date : 24/10

Distance parcourue : 56 Km

Départ/arrivée : Mozirje – Logarska Dolina

 


Après une nuit difficile rythmée au son des gouttes de pluie sur la tente, le moment que nous appréhendons le plus se rapproche progressivement. Le réveil nous demande une grande source de motivation, sortir de nos sacs de couchage pour rejoindre notre abri bus de la veille nous laisse quelque peu pensifs sur le déroulement de la journée. Nous avons rendez-vous avec Klemen Matk à 16h. Nous organisons nos affaires et nous plions nos tentes encore mouillées. Nous roulons 50km sous une pluie fine qui ne semble pas vouloir s’arrêter. Nous oublions vite les conditions climatiques devant la beauté des paysages et la prestance des montagnes dont les sommets sont enneigés. Après un dernier col difficile, nous arrivons à la ferme de Klemen. Un accueil chaleureux et un verre de schnaps (gnole de poire) nous attend. La rencontre va au-delà de toutes nos espérances : la salle à manger est chauffée au bois pour nous, nous pouvons nous laver, faire sécher nos vêtements et la mère de Klemen nous prépare le dîner. Nous passons la soirée au chaud (sans pour autant être dans nos duvets) en compagnie de Klemen qui nous offre un très bel entretien riche en idées pleines de bon sens.


Sylvain

 

Une soiree a Logarska Dolina, dans les montagnes slovenes

 

Date : 25/09

Nombre de Kilomètres : 32

Départ/arrivée : Logarska Dolina – Kokra (Slovénie)

 


Le respect des cycles de la nature

Nous avons passé la journée chez Klemen Matk, un agriculteur bio au cśur des montagnes du nord de la Slovénie. La région est magnifique, Klemen accueille sur sa ferme les touristes slovènes ou étrangers, nombreux à venir admirer les paysages. Accueillis comme des rois, nous découvrons que les animaux (chèvres, vaches, moutons, cochons, poules, ânes, chevaux, canards, lapins…) et les productions de l’exploitation (lait, fromage, légumes, viande…) sont presque exclusivement destinés à l’autoconsommation et aux touristes.

Ce soir nous avons également découvert que… nous avons changé d’heure ! Dorénavant, il fait nuit à 17h30. Ceci nous pèse, les journées passent si vite (et dès que le soleil se cache, il fait si froid !). Nous avons décidé de suivre le soleil, et de nous lever 1h plus tôt qu’avant (soit vers 5h30 – 6h, pas sûr qu’on y arrive). Quoi de plus sain que de vivre avec le soleil, et avec les saisons ? Comme nous l’expliquait Werner Michlits, agriculteur bio-dynamique du sud de l’Autriche, les cycles naturels (du jour et de la nuit, de la lune, des saisons…) ont une grande influence sur les êtres vivants, homme compris. L’hiver est une période de réflexion intérieure, et de repli sur soi. Certes, ce voyage est tout le contraire, mais nous nous couchons tôt, et nous avons le temps de méditer durant les 12h de pénombre quotidiennes !


Joannes

 

Les magnifiques paysages du nord de la Slovenie

 


Date : 26/10

Distance parcourue : 77 Km

Départ/arrivée : Kokra-Ljubljana

 


En 2 temps 3 mouvements

Après 77km, nous atteignons Lubljana pour la pause déjeunée. 2 temps 3 mouvements, c’est le peu de temps nécessaire pour envahir un lieu, notamment ce petit parc en face du palais de justice, nous déployons les tentes pour les sécher de la condensation de la nuit précédente, nous accrochons leurs toiles aux arbres, déballons les sacs de couchage pour les aérer. Mais nous restons imperturbables face aux interrogations perceptibles des passants, dont certains s’arrêtent d’ailleurs pour discuter. Cela ne nous empêche pas de déguster tranquillement nos tartines d’oeufs brouillés au jambon préparées sur le banc. Après ce déballage intempestif, nous partons à la visite de la capitale en cette belle journée d’automne. Les artistes envahissent l’espace pour exposer leurs peintures de façon aérienne ou bien même pour jouer avec les reflets de l’eau en effet miroir.


Jean-Baptiste

Un canal de la ville de Ljubljana


Date : 27/10

Distance parcourue : 40 km

Départ/arrivée : Ljubljana/Turjak

 


Inka Stritar

 

Cet article sera consacré à la rencontre que nous avons eu avec Inka Stritar à Ljubljana (capitale de la Slovénie). C’est Klemen (voir article du 25/10) qui nous a orienté vers cette vieille dame, qui enseignait auparavant le français et l’anglais. A notre arrivée, l’accueil qui nous est réservé est particulièrement chaleureux. Inka nous a préparé un livre pour chacun d’entre nous. Il a été rédigé par son mari, docteur et enseignant en agronomie. Le petit déjeuner est exceptionnel. Malgré ses 75 ans, Inka est un véritable ouragan. En l’espace de 10 minutes, la table se remplit de pain, saucissons, fromages, miel, lait, jus de fruit et café. En un temps presque aussi court, nous parvenons à dévaliser le repas. Mais Inka parvient à nous rassasier. Le ventre plein, nous écoutons Inka nous narrer l’histoire de son pays, la guerre de l’ex-yougoslavie et sa vision du communisme. Elle nous explique ensuite avec une passion étonnante son combat actuel. Elle lutte pour les droits des propriétaires, notamment concernant la chasse en forêt privée. Ses connaissances sont intarissables et nous nous apercevons qu’elle est beaucoup plus intéressante que Wikipédia. Après plus de trois heures de discussion, nous repartons avec nos différents présents : notre linge que nous lui avions donné à sécher, une bouteille de borovicka (alcool du terroir), et enfin l’adresse de son chalet de montagne où nous pouvons dorénavant venir passer nos vacances.

Cette rencontre aurait mérité un article beaucoup plus long, mais la réglementation m’en empêche (pas plus de 10 lignes).

 


Gwenn

 

Un petit dejeuner copieux chez Inka

 

Date : 28/10

Nombre de kilomètres : 100

Départ/arrivée : Turjak - Sentjernej


Distance relative ou absolue…


Chers lecteurs,

En suivant quotidiennement nos aventures, il vous arrive certainement d’être étonnés ou bien même impressionnés par nos étapes et les kilomètres que nous parcourons. Et bien soyez-en sûr, il y a de quoi. Outre les conditions climatiques, sans nul doute affectées par le réchauffement (14°C à Zagreb), nos journées sont marquées par des trajets d’une rare intensité physique et digestive. Néanmoins, nous avons fait le choix de retranscrire notre périple dans l’humilité. Aussi, nous tenons à relativiser les distances parcourues affichées par le compteur ; indicateur officiel de croissance de convivialité de notre voyage. Effectivement, aux kilomètres quotidiens enregistrés positivement dans notre course effrénée au bonheur, il est nécessaire de retrancher les « détours » réalisés pour faire les courses, pour la recherche d’un café ou d’un champ pour planter la tente, pour visiter une ville ou encore les petits extras communément appelés « mauvaises directions » que nous nous accordons. C’est pourquoi, nous nous proposons de distinguer les « distances absolues ou totales » et les « distances relatives ou effectives ». Seules ces dernières témoignent de notre avancée « réelle » dans notre boucle, les autres témoignant davantage de notre degré de « clairvoyance ». A titre d’illustration, nous avons parcouru 100km aujourd’hui, dont 75 effectifs et 25 en « extra ». Certains d’entre vous diront que nous avons un degré de clairvoyance « élevé », mais je préfère regarder notre taux de croissance de convivialité de 75% ! De quoi faire saliver n’importe quel Etat, multinationale, petite entreprise, économiste, manager, environnementaliste ou encore citoyen…


Sylvain.

 

Une soiree autour du feu


Date : 29/09

Nombre de Kilomètres : 65

Départ/arrivée : Sentjernej (Slovénie) – Zagreb (Croatie)


Nous avons quitté la Slovénie, non sans difficultés : les petites routes que nous souhaitions emprunter pour passer en Croatie ne sont pas faciles à trouver, et les slovènes sont si gentils ! Qui d’autre qu’un(e) slovène(e) peut proposer un café et donner un sac de pommes lorsqu’un pneu crève devant chez lui (elle) ? Ou encore partir imprimer une carte et nous la rapporter lorsqu’on lui demande la route ? Leur accueil est exemplaire : Inka, professeur de français retraitée, nous offre un petit déjeuner (jusqu’à plus faim, et pourtant il en faut) alors qu’elle ne nous connait pas, un primeur de Ljubljana nous donne 4 pommes lorsqu’on lui demande de nous indiquer une rue… Et bien d’autres étonnements. Tous ces petits gestes nous permettent d’être en contact facilement avec la population. Ainsi, nous rencontrons des personnes du monde agricole, mais aussi d’autres milieux, avec d’autres sujets à aborder (histoire, culture, pluie et beau temps) lorsqu’on trouve une langue commune…

Trouverons-nous aussi bien dans les pays suivants ? Cela semble bien parti en Croatie. Aujourd’hui nous souhaitions pique-niquer dans le jardin public de Zagreb, la capitale. Difficile d’avaler 2 bouchées consécutives : les passants, intrigués par nos vélos et nos sacoches, s’arrêtent discuter sans arrêt. Ils repèrent de loin les français. Ainsi nous avons pu retracer l’histoire de la Croatie grâce à Odette (nom inventé), une croate qui a travaillé toute sa vie à l’ambassade de France (anciennement Consulat, à l’époque de la Yougoslavie) : un récit conté avec les tripes !


Joannes

 

 

L'opera de Zagreb, capitale de la Croatie

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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