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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 18:32

Date : 30/10

Distance parcourue : 60 km

Départ/arrivée : Zagreb- Habijanovac

 

Rendez-vous avec Zlata Nanic pour 19h30

Nous ne pouvons quitter Zagreb avant 17h00, un colis d´une haute importance provenant de France nous attend (gâteau et plat fait maison, fruit sec de banane, saucisson...) : pour ce délicieux colis, nous remercions Fleur. Pour le coup, nous devons faire une partie du trajet en train sur 50 km et le reste, de nuit à vélo. Bien sûr, c´est toujours quand nous sommes pris par le temps que quelques imprévus peuvent se produire. Effectivement, notre seul train pour espérer d’être à l´heure, est à 18h27. Au moment où nous trouvons enfin celui-ci, le contrôleur refuse de nous y faire monter et nous incite même à prendre le prochain. Mais c´est sans compter sur notre détermination et surtout notre patience, que celui-ci accepte de nous faire monter. En quelques secondes, nous envahissons l´une des entrées du wagon avec nos vélos et nos 12 sacoches, qui ne manquent pas de susciter l´interrogation des passagers. A notre terminus, nous n´avons que peu de temps pour descendre d´une station sans quai. Dans la précipitation nous formons un amas d´affaires sur les gravillons de la gare. Celle-ci est au milieu de nul part, sans vie et sans route réelle mise à part deux petits chemins en terre que nous testerons l´un après l´autre. Ces petits imprévus sont vite oubliés face à l´accueil que nous a réservé Zlata Nanic. Celle-ci possède une ferme touristique et biologique.

Elle nous a composé un diner selon la cuisine macrobiotique dont elle en fait d´ailleurs son commerce sur un marché qu´elle a créé (pour plus de détails, je vous invite à lire l´interview sur le blog). Toujours est-il, que son diner composé de Tofu, de 4 steaks différents à base de blé accompagnés d´une sauce de paprika, et d´un délicieux clafouti sans œuf, nous a convaincu (cuisine se situant entre le végétarien et le végétalien avec un but thérapeutique).

Jean-Baptiste



La sortie du train... plus que perdus 


Date : 31/10

Distance parcourue : 60 km

Départ/arrivée : Habijanovac-Garesnica

 

Le temps, ce n’est pas que de l’argent

 

Il est 20 heures du soir. Tout le monde est dans sa tente puisqu’il pleut à flot. Je consacre donc ma « soirée » à la rédaction de mon article. J’ai décidé de le dédier à la rencontre que nous eu avec Zlata Nanic. Cette vieille dame m’a particulièrement touché. En effet, à elle seule elle est parvenue à créer une entreprise qui emploie aujourd’hui 10 personnes. Ce qui est incroyable, c’est qu’elle est capable de mener un projet durable (respect de l’environnement, amélioration de la santé des êtres humains), tout en s’accordant du temps pour mener une vie paisible et harmonieuse. En effet, nous avons pu remarquer qu’en plus de sa fonction de chef d’entreprise, elle peut consacrer certaines de ses après-midi à la cueillette de champignons ou à du bénévolat dans plusieurs associations. Par ailleurs, elle n’a pas hésité à nous offrir l’ensemble de sa matinée, pour nous présenter son exploitation et répondre à nos questions.

Cet exemple de vie prouve qu’il est possible de mener une vie professionnelle épanouie, tout en prenant le temps de vivre. Ainsi, je souhaite compléter cette expression : Oui le temps, c’est de l’argent, mais c’est aussi notre vie : ce qui implique que nous devons avoir des occupations qui nous passionnent et qui nous révèlent avant tout. Je pense que les relations ne doivent pas être fondées uniquement sur l’argent, mais également et surtout, sur l’entraide et le partage.

Mais ceci reste la conception que je me fais du temps. Ainsi, si vous avez des remarques à apporter n’hésitez surtout pas à nous les faire parvenir… Merci beaucoup.

 

Gwenn


Le repas de Zlata - La macrobiotique ca vous gagne

 


Le petit dej' copieux et sain  


Date : 01/11

Distance parcourue : 104 km

Départ/arrivée : Garesnica – Oriovac

 

Une rencontre improbable

 

La nuit a été très froide, au réveil, le champ et les tentes sont recouverts d’une pellicule de givre. La chaleur de la maison de Zlata nous semble déjà loin.

Aujourd’hui, nous devons rencontrer un éleveur de dindes bio proche de Slavonski Brod, à la frontière bosniaque. Cette rencontre va conditionner les 2 prochaines semaines de notre voyage et approximativement les 1000 prochains kilomètres. Nous pouvons encore faire le choix de continuer vers le sud de la Croatie pour longer la côte adriatique et rejoindre plus rapidement le Monténégro ; ou s’enfoncer dans les terres croates et traverser la Bosnie, pays montagneux, froid à cette période de l’année et faisant l’objet d’une mauvaise presse. Le débat ne dure pas longtemps et nous prenons la décision d’avancer vers l’est.

Paradoxalement, le contexte de la rencontre est improbable. Nous ne connaissons que le nom de l’éleveur qui nous a été envoyé par mail. Zlata avait appelé les renseignements pour connaitre son adresse et son numéro de téléphone. En réalité, il n’existe pas de Mivloj Radar et seul un certain Milivoj Rakar habitant à Oriovac, à 20km de Slavonski Brod. Aucun numéro de téléphone n’est disponible. Nous roulons donc pendant plus de 100 km sans aucune certitude de trouver cette personne, ni qu’elle élève des dindes…

Arrivée à Oriovac, nous demandons l’adresse à 2 jeunes gens. L’un d’eux nous reconnait, il nous avait vu à la gare de Zagreb 2 jours plus tôt avec nos vélos ! La deuxième personne nous montre la maison de Milivoj, nous sommes juste en face mais personne ne répond ! Il nous explique qu’il loue une deuxième maison 2 km plus loin et nous propose de nous y conduire. Une fois là-bas, nous rencontrons son père qui ne parle pas anglais. Notre ami fait les présentations et nous sert d’interprète. Quelques minutes plus tard, Milivoj arrive, il est bien éleveur de dinde et accepte avec plaisir de nous rencontrer. Il nous accueil avec une coutume croate très particulière. Nous sommes invités à boire un verre de schnaps qui se traduit en réalité par une bouteille entière. Nous passons la soirée autour d’un excellent repas.

Nous sommes de plus en plus impressionnés par la gentillesse et la disponibilité des gens. Cette improbable rencontre va bien au-delà de tout ce que nous espérions.

 

Sylvain



Miki nous accueille au Rakia 

 

Miki et son autruche 

 

Date : 02/11

Distance parcourue : 42 km

Départ/arrivée : Oriovac (Croatie) – Sijekovac (Bosnie)

 

La porte est ouverte !

 

La journée commence… comme s’est terminée la précédente : cette bonne vieille coutume croate nous « oblige » à boire le rakia avant de prendre le petit déjeuner. C’est un petit déj’ typique qui nous est servi par la maman de Miki, avec saucisses, choucroute, purée…

Nous avons finalement réussi à quitter la maison de Miki, pourtant si accueillante. Aujourd’hui nous passons la frontière bosniaque. Le contraste est énorme, nous arrivons en plus dans une zone où l’immense majorité des maisons a été détruite pendant la guerre (1992-1995).

Nous ne savons pas comment faire pour dormir : il fera bientôt nuit, et nous n’osons pas planter la tente car certains terrains pourraient être encore minés. Nous demandons finalement à un homme, dans un petit village, s’il n’a pas un bout de jardin pour notre tente. Là, en l’espace de 3 minutes, ce village en ruines aux ¾ et paraissant mort, se remplit d’une marmaille grouillante, accompagnée d’adultes curieux. Par chance, parmi eux une femme parle allemand. Elle était réfugiée en Allemagne de 92 à 99. Après avoir proposé un bout de jardin, puis un garage, elle finit par nous inviter dans sa maison, et nous apporte des plats copieux. C’est un accueil jamais vu ; ce soir nous ne planterons pas la tente (pas plus qu’hier…).

Joannes

 

Une famille bosniaque qui a vecu en Allemagne  

 

Gwenn passera-t-il la frontiere? 


Date : 3/11

Distance parcourue : 80Km

Départ – Arrivée : Sijekovac - Gracenica

 

Terrible journée !!!

 

Il pleut, nous sommes trempés jusqu’aux os, pourtant chacun de nous avaient mis ces sur-chaussures et son K-way, mais face au froid, à la pluie et aux flaques d’eau se transformant en gerbe au passage des camions, notre équipement a atteint ses limites, surtout quand d’autant plus la neige vient blanchir nos casques.

 

Terrible journée, c’est peu de le dire, car à la tombée de la nuit, au moment où nous devons trouver un bout de gazon pour planter la tente, nous frappons à une porte, une famille musulmane composée d’une tante et de son neveu ouvre la porte et s’exclament « mais vous êtes trempés », ceci fut leur première réaction après leur avoir expliqué notre souhait.

Cette famille au final nous accueille les bras ouverts dans leur maison. Nous nous changeons au chaud en inondant quelque peut l’entrée où elle fit d’ailleurs un parcours avec des serviettes pour absorber au mieux l’eau qui ruisselle de nos vêtements. Nous partageons avec eux le café Turque (un gros goûté) et le shnaps à l’arrivé de l’oncle d’Emirh.

Nous passerons l’une de nos meilleures soirées en compagnie de cette famille qui fait preuve d’une très grande hospitalité, de partage et de simplicité.

 

Jean-Baptiste



Sortie avec Emir et ses amis jusqu'a 1h30 du matin

 


Encore Rakia chez Emir


Date : 4/11

Distance parcourue : 45Km

Départ – Arrivée : Gracenica - Tuzla

 

« Savoir recevoir, c’est savoir accueillir »

 

Notre vie en Bosnie Herzégovine est remarquable et ceci étant principalement lié à la générosité des gens. Les conditions du pays ne nous permettent pas de pratiquer le camping sauvage (terrains minés et nombreux bandits). Ainsi, nous sommes amenés à frapper à la porte des gens afin qu’ils nous permettent d’installer notre tente dans leur jardin. Ce qui peut paraître incroyable, c’est que toutes les personnes à qui nous avons demandé l’hospitalité ont été particulièrement chaleureuses : elles nous ont ouvert leur maison, offert un repas mais aussi consacré de leur temps pour nous présenter leur pays et leur culture. Imaginez-vous la situation : 4 hommes inconnus frappent à votre porte à la tombée de la nuit, et vous demandent d’occuper votre jardin. Quelle est votre réaction ? En tout cas, je connais aujourd’hui celle des bosniaques…

J’ai intitulé mon article « savoir recevoir, c’est savoir accueillir » car j’espère que je pourrais à mon retour, proposer le même accueil que je connais en ce moment en Bosnie. Je découvre ici un savoir-vivre très fort, qui permet aux hommes d’être unis et solidaires. Ce qui peut paraître paradoxale étant donné que ce pays était encore en guerre en 1995.

 

Gwenn



Une famille extraordinaire a Tuzla

 


A Tuzla, des gens particulierement disponibles pour la reparation d'une roue



Jeudi 5 novembre

Distance : 85 km

Départ/arrivée : Tulza/Pobuđé


Apres avoir remercié la famille d'Elma pour son accueil et son hospitalité en or, nous reprenons la route pour Pobuđé, près de Bratunac à la frontière Serbe. Nous sommes toujours en République Serbe de Bosnie. Les témoignages que nous avons recueillis jusqu’ici nous laissent pensifs sur la stabilité politique du pays et sa capacité à se reconstruire suite à la guerre. Les tableaux noirs concernant l’avenir du pays se succèdent comme en témoignent les maisons détruites ou abandonnées le long des routes. Seul Emir nous a dressé un portrait plus rayonnant. On ne peut qu’espérer que cette nouvelle génération saura tourner la page et faire avancer le pays.

Il est 13 heures quand nous arrivons à Pobuđé. Nous décidons de déjeuner dans un petit café avant notre rencontre avec Šaban Dedic. Quelques instants plus tard, un vieil homme, dont les traits du visage nous rappellent Pierre Rabhi, s’assoit à notre table et nous offre le café sans dire un mot. Il ne parle pas anglais et c’est un client voisin qui nous sert d’interprète. Nous mettons plusieurs minutes à comprendre qu’il s’agit de Šaban ! La rencontre commence de façon très conviviale et se terminera dans son salon autour d’un excellent repas. Nous échangerons également avec Dilles, qui parle français, sur ses souvenirs difficiles de la guerre.


Sylvain



Rencontre innatendue avec les Dedic


Saban anime la veillee entre voisins

Date : 6/11

Distance parcourue : 0Km

Départ – Arrivée : Pobude – Pobude (Bosnie)

 

Aujourd’hui, il pleut. Nous restons donc jusqu’à demain chez les Dedic, à l’Est de la Bosnie. Une éclaircie nous permet de visiter la ferme, et ses parcelles éparpillées. Nous avons eu des témoignages touchants, de personnes qui ont vécu la guerre. Pour résumer, la Bosnie appartenait à la Yougoslavie. En 1992, après un référendum, la Bosnie déclare son indépendance. Mais la Yougoslavie (qui en fait est dirigée par la Serbie) déclare la guerre à la Bosnie. Les serbes de Bosnie créent la « République serbe de Bosnie », et chassent les bosniaques de ce territoire. C’est alors des massacres horribles qui ont lieu, notamment le plus connu, celui de Srebrenica. Cette nuit de Juillet 1995, 9000 bosniaques sont assassinés par l’armée serbe. Certains ont réussi à fuir sous les balles serbes, c’est le cas de la famille Dedic qui a tout quitté pour marcher de nuit vers la zone libre. D’autres ont du se cacher, comme Dille, que nous avons rencontré hier et qui a vécu pendant 2 mois dans la forêt, traqué par les serbes et leurs bergers allemands. Tous ont perdu certains de leurs proches, et la guerre a laissé des traces : d’innombrables maisons sont en ruines, il n’y a pas de travail… Les Dedic ont vécu dans un camp de réfugiés jusqu’en 1999, puis ont courageusement décidé de revenir sur leurs terres, pour la cultiver. Témoignages très émouvants…

 

Joannes

 


L'ecole du village, dans les montagnes (forte ressemblance avec l'Ardeche)


Un repas typique bosniaque nous est servi - on mange a genoux

Date : 7/11

Distance parcourue : Pobude-Vlacenisa

Départ-arrivée : 80 km

 

Connaissez-vous les journées up and down?

Celles-ci sont des journées que nous réalisons fréquemment, voire trop fréquemment au travers de notre voyage, enfin bref, elles commencent en principe par un réveil très matinal disons 5h30 pour ne pas perdre une seule minute sur notre programme « en réalité c´est pour se garder une marge de sécurité sur notre objectif du jour ». Ce type de réveil nous met généralement en conditions, les cuissards de cycliste (moule bip! dans notre jargon) à la sortie de la tente sont d´ailleurs de rigueurs et cela ne plait d´ailleurs pas systématiquement à tout le monde. Au cours de cette journée, nous connaissons d´ailleurs des hauts et des bas, qui nous laissent le temps de profiter du paysage, surtout quand le soleil est de la partie et qu´il inonde de sa lumière les vallées. Ainsi du haut de nos montagnes nous profitons au mieux des couleurs de l´automne.

Je pense que vous l´aurez bien compris, il s´agit de nos étapes de montagne…

Jean-Baptiste



Dur passe - memorial de Srebrenica, apres le massacre


Un entrepot desafecte : lieu ou s'est deroule le massacre (8000 morts)

Date : 8/11

Distance parcourue : 90 km

Départ-arrivée : Vlasenica-Sarajevo

 

Une arrivée à Sarajevo

 

Sarajevo, qu’est-ce-que ce nom vous inspire ? Je vais vous donner ma propre vision avant ce voyage (j’avoue, j’ai honte) : cette ville était pour moi une capitale où la guerre avait régné, dans un pays dont j’avais oublié le nom.

Sarajevo, capitale de la Bosnie Herzégovine a accueilli les Jeux Olympiques d’hiver en 1984.  C’est également la ville où s’est déroulé l’événement qui a déclenché la première guerre mondiale (je pense que vous devez le connaitre, sinon allez sur internet)… C’est également une ville qui a énormément souffert de la guerre qui opposait les serbes, croates et bosniaques entre 1992 et 1995. Enfin, Sarajevo ressemble étrangement à Grenoble par le fait qu’elle est entourée de montagnes. Hier, nous avons campé entre deux maisons et figurez-vous qu’un de nos voisins nous a reconnu à la télévision, puisque nous avions été interviewés un reportage la veille, au sujet du massacre qui a eu lieu à Srebrenica. Ainsi, j’ai l’impression que nous sommes célèbres d’autant plus que nous avons été filmés par deux jeunes lycéens, avec qui nous avons visité la ville pendant toute la matinée. Le thème du reportage était la tolérance.

En conclusion, je tiens quand même à souligner qu’il n’est pas nécessaire de regarder TF1 tous les soirs dans l’espoir de nous voir aux actualités… Notre degré de célébrité n’est pas encore assez élevé.

 

Gwenn



En Bosnie, tous les moyens de locomotion sont bons

Lundi 9 novembre

Distance : 0 km

Départ/Arrivée : Sarajevo


Notre rendez-vous sur Sarajevo étant mardi matin, nous avons la journée pour visiter la ville, nous laver, laver notre linge et rédiger nos articles quotidiens qui prennent du retard au fil des rencontres. Nous passons d'ailleurs la matinée avec 2 jeunes étudiants bosniaques qui nous montrent la vieille ville. Ils trouvent plus intéressant de se balader avec nous que d’aller en cours… Pour enrichir un travail qu’ils réalisent sur la tolérance, nous leur donnons nos impressions sur les différences culturelles que nous avons pu observer au cours de notre voyage.

Nous nous quittons sur les coups de 11 heures, il est temps pour eux de retourner à  l’école et pour nous de laver nos affaires. Nous trouvons une fontaine un peu reculée sur les hauteurs de la ville. Le regard des gens ne nous surprend plus et nous profitons du retour du soleil pour faire sécher notre linge.

16h36, la nuit tombe de plus en plus tôt, nous nous apprêtons à partir à la recherche d’un endroit où planter la tente.


Sylvain

 

Visite guidee de Sarajevo, avec nos 2 amis lyceens

Par Association cyclable, trois vélos pour la terre
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